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Le MONDE en questions

Comment la Finlande compte-t-elle devenir carboneutre dès 2035?

Mis à jour le 22 juil 2022
Johanna Sabys
par Johanna Sabys
Journaliste à InfoBref

La première ministre finlandaise Sanna Marin (Source: gouvernement finlandais)

  • La Finlande s’est engagée à être carboneutre d’ici 2035, et carbonégative d’ici 2040 – le pays séquestrerait alors davantage de CO2 qu’il n’en émet. Le Parlement finlandais a adopté début juin ces cibles climatiques ambitieuses, et un plan d’action juridiquement contraignant.
  • Les Finlandais sont capables d’arriver à zéro émission d’ici 2035, dit à InfoBref Claude Villeneuve, professeur titulaire de la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi. Selon lui, il est même très probable que la Finlande soit carboneutre avant que le Québec n’atteigne la cible qu’il s’est fixé pour 2030. 

La carboneutralité est une opération comptable, explique Claude Villeneuve, qui est aussi directeur de Carbone Boréal, le programme de compensation et de recherche de l’UQAC.

  • L’opération consiste à soustraire les sources d’émissions qu’on peut réduire, et à compenser ensuite les émissions résiduelles, celles qu’on ne peut pas éviter. 
  • Pour dire qu’il est carboneutre, un pays doit démontrer qu’il a absorbé l’ensemble de ses émissions résiduelles incompressibles. 

Pour la Finlande, «tout est jouable, dit Claude Villeneuve: si c’était impossible, on ne s’y attaquerait pas». 

Les atouts de la Finlande 

Dans son plan d’action, le gouvernement finlandais compte surtout s’attaquer aux émissions des transports, de l’agriculture et du chauffage. 

  • Transports: la Finlande ne produit pas de carburant fossile, et favorise les carburants issus de biomasses.   
  • Agriculture: elle veut augmenter la séquestration du carbone dans les sols minéraux, et réduire la production de méthane des vaches laitières. 
  • Chauffage: le pays compte supprimer le mazout et le gaz, et les remplacer par des solutions à faible émission. 

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La Finlande préserve ses «puits de carbone forestier»

Contrairement au Québec, la Finlande prend en compte l’usage des terres et des forêts dans son inventaire de carbone, souligne Claude Villeneuve. 

«L’enjeu climatique passe en bonne partie par la forêt, dit-il, mais le gouvernement québécois ne veut pas jouer là-dedans.» 

  • Pourtant, assure le professeur, la façon la plus économique et efficace actuellement pour réduire ses émissions, c’est de planter des arbres.
  • C’est ce que prévoit de faire la Finlande.  

L’autre force des pays scandinaves? 

  • «Ce sont les seuls dans le monde à parler chacun leur propre langue. 
  • Cela crée une immense solidarité nationale, croit Claude Villeneuve, et leur permet d’avoir une cohésion beaucoup plus efficace.» 

Au Québec, «l’approche est très différente»

Le gouvernement québécois mise sur: 

  • «le marché du carbone pour le monde industriel; 
  • l’achat de crédits carbone par les producteurs d’énergie; et 
  • l’électrification des véhicules – ce qui revient à exporter des émissions: elles ne sont pas émises au Québec, mais là où sont fabriquées les voitures et où sont extraits les composants des batteries». 

Québec n’a pas mis en place d’outils législatifs pour réduire les émissions «là où ça fait mal, dans le secteur des transports», ajoute le professeur.

  • Il note que des environnementalistes réclament depuis 30 ans un bonus-malus sur la consommation des véhicules, pour encourager les citoyens à réduire leur consommation. 

Selon lui, le gouvernement québécois n’est pas sérieux: il ratera certainement encore la cible qu’il s’est fixé pour 2030, qui est de réduire ses émissions de 37,5% par rapport à 1990.

Johanna Sabys