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Entrevue

Bay du Nord: Équinor veut extraire 200 millions de barils supplémentaires

Publié le 2 juin 2022
par Johanna Sabys

Illustration du projet Bay du Nord (Source: Équinor)

  • Le président d’Équinor Canada Torstein Hole a indiqué que la pétrolière prévoyait d’extraire 500 millions de barils de pétrole du gisement au large de Terre-Neuve, et non plus 300 millions comme annoncé initialement. Il prévoit que ce chiffre sera encore revu à la hausse après les travaux d’exploration prévus pour cet été.
  • Le professeur Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal, explique à InfoBref que les estimés ont tendance à évoluer. Selon lui, «avec les prix actuels très élevés, ce n’est pas étonnant qu’Équinor pense à presser le citron davantage». 

Après avoir repoussé 2 fois sa décision, le ministre fédéral de l’Environnement Steven Guilbeault avait fini par approuver le projet pétrolier Bay du Nord [détails (6 avril)], en indiquant qu’il n’entraînerait pas «d’effets environnementaux négatifs importants».

Équinor s’attend à recevoir un feu vert définitif d’ici 2 ans, à la fin du processus fédéral d’évaluation environnementale. 

  • La pétrolière croit pouvoir extraire les premiers barils d’ici la fin de la décennie. 

Équinor peut-elle augmenter sa production après l’accord fédéral? 

«Oui, c’est très courant d’avoir des estimés qui évoluent beaucoup», répond Pierre-Olivier Pineau. 

«La géologie réserve des surprises, les technologies évoluent, et les prix du pétrole – s’ils sont élevés – justifient d’aller récupérer davantage de barils en investissant dans des techniques de récupération plus avancées et performantes.» 

Le projet peut-il encore être stoppé?

«Évidemment, dit le professeur, s’il y a une forte opposition sociale ou si le gouvernement retire ses autorisations sur de nouvelles bases – qui pourraient être contestées et mener à des compensations pour Équinor.»

Selon Pierre-Olivier Pineau, le projet pourrait aussi avorter si les conditions économiques le justifient. 

Par exemple, en cas de récession mondiale, ou d’un engouement subit pour la transition énergétique, le prix du pétrole pourrait baisser et rendre le projet non-économique.

Johanna Sabys