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Entrevue

Pourquoi les femmes demeurent-elles moins payées que les hommes?

Publié le 12 juin 2022
par Félix Côté

Emna Braham, directrice adjointe de l’Institut du Québec (IDQ)

  • Au Québec, les hommes gagnent 9% de plus que les femmes dès leur première année de travail à temps plein suivant l’obtention d’un diplôme postsecondaire. Ces chiffres comparent d’anciens étudiants aux parcours similaires. Ils viennent d’une récente étude de l’Institut du Québec (IDQ) et du FutureSkills Research Lab de l’Université de Toronto.
  • «On fait du surplace depuis 2010» en matière d’égalité salariale entre hommes et femmes, constate Emna Braham, directrice adjointe de l’IDQ et coautrice de l’étude. En entrevue à InfoBref, elle indique plusieurs raisons qui peuvent expliquer cet écart. 

L’écart de revenu au bénéfice des hommes augmente avec le temps.

Il monte à 16% cinq ans après la diplomation.

Il est encore plus important chez les diplômés les mieux payés, soit les 10% dont les revenus sont les plus élevés. Dans ce groupe, l’écart est de:

  • 13% un an après l’obtention du diplôme; et 
  • 19% cinq ans plus tard.

Trois raisons expliqueraient la majorité de ces écarts:

«Les femmes anticipent plus que les hommes la conciliation travail-famille et héritent d’une plus grande charge mentale», explique Emna Braham. Ceci les pousse à:

  • favoriser les entreprises qui permettent une meilleure conciliation travail-famille; et 
  • éviter celles qui valorisent davantage les modèles de carrière masculins et qui offrent généralement de meilleurs salaires. 

Les femmes négocient moins leur salaire. 

  • «Plusieurs femmes se sentent socialement pénalisées dans une entreprise quand elles négocient leur salaire», observe Braham.
  • Pour conserver une meilleure relation avec leurs gestionnaires, beaucoup de femmes préfèrent négocier d’autres avantages, comme les avantages sociaux et un horaire flexible. 

Les femmes sont sous-représentées dans certains champs de connaissances.

  • Certaines études démontrent qu’elles ont moins accès à la formation en cours d’emploi. 
  • Elles sont aussi moins nombreuses que les hommes (7% des femmes contre 14% des hommes) à posséder des compétences élevées en numératie, qui sont recherchées sur le marché du travail et donnent accès à des emplois bien rémunérés. 

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Des pistes de solution pour réduire l’écart:

Les gouvernements et les organisations pourraient mettre de l’avant plusieurs mesures pour favoriser l’ascension salariale des femmes, croit Emna Braham.  

  • Les organisations pourraient par exemple instaurer des mesures pour promouvoir la mobilité des femmes et leur permettre d’atteindre les plus hauts postes. 
  • Le gouvernement pourrait offrir de meilleures perspectives de partage du congé parental, notamment en favorisant que le père soit le seul à prendre un congé parental.
Félix Côté