Entrevue

Qu’est-ce que la victoire de Joe Biden pourrait changer dans les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis?

Publié le 2 nov. 2020
par Johanna Sabys

Christian Deblock, professeur au département de science politique de l’UQAM et directeur du Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (Source: IEIM)

  • Si le candidat démocrate devient président, il ne faut pas s’attendre à de grands changements, explique à InfoBref l’économiste Christian Deblock: démocrates et républicains sont sur la même longueur d’onde sur les dossiers commerciaux sensibles entre les deux pays.
  • Mais la gestion de la pandémie et le renoncement de Biden aux énergies fossiles pourraient impacter l’économie canadienne, si Biden a le soutien du congrès.  

Les grands conflits commerciaux resteraient les mêmes

  • Il n’y aura pas de nouvelle réglementation sur le bois d’œuvre: on en parlera certainement encore dans 50 ans, selon l’économiste.
  • Concernant l’aluminium, la question des tarifs douaniers a été réglée, et «l’accord signé a permis un retour aux affaires», note le professeur de l’UQAM.  

Des différences notables tout de même

  • Contrairement à Trump, Biden s’oppose aux projets d’exportation de pétrole lourd en provenance de l’Alberta.
  • Biden pourrait également imposer des mesures plus restrictives aux entreprises américaines pour freiner le virus, ce qui pourrait impacter l’économie canadienne.  

Joe Biden aurait cependant une approche beaucoup plus diplomatique qui permettrait, selon le professeur Deblock, de retrouver une relation commerciale plus apaisée.

Ce qui sera important, c’est la composition de la Chambre des représentants et du Sénat. Tout ce que qui touche au commerce relève du congrès. Le président américain ne dispose que d’une délégation d’autorité commerciale, rappelle l’économiste.

L’un des enjeux, pour le Canada est la remise en question, par l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), de son statut de partenaire privilégié des États-Unis – et cela, quel que soit le gagnant de l’élection: «c’est difficile pour le Canada de concurrencer le Mexique sur la productivité. Ça nous oblige à repenser notre relation commerciale».

Johanna Sabys