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Analyse POLITIQUE

Le couvre-feu est-il nécessaire?

Publié le 7 janv. 2022
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Chroniqueur politique à InfoBref, ancien directeur du Devoir

[crédit photo: Jonathan Rautenberg | Unsplash]

  • De tous les gestes posés par le gouvernement québécois dans la lutte contre la Covid-19, le couvre-feu est celui qui fait le moins consensus.
  • Les critiques pointent du doigt l’aspect radical d’une mesure qui limite la libre circulation des personnes et dont l’effet demeure par ailleurs aléatoire.

Les États du monde entier suivent le même livre de recettes pour contrer la propagation de la Covid-19.

En tête de liste se trouve la vaccination.

  • Près de 85% des Québécois ont reçu au moins une première dose de vaccin et 77%, deux doses.

Suivent d’autres mesures volontaires comme la distanciation, le port du masque et le lavage des mains.

Il y a par ailleurs les mesures imposées pour réduire les contacts sociaux.

Adoptées par décret, elles limitent les droits des individus, dont celui de circuler librement.

  • Dans le domaine privé, les rencontres sont limitées à la bulle familiale.
  • Dans le domaine public, bars, restaurants, salles de gym et salles de spectacle sont fermés.
  • L’accès aux commerces est réduit à 50% de leur capacité.

Là où il est toujours possible de fréquenter des lieux publics, tels musées, bibliothèques et stations de ski, le passeport vaccinal restreint l’accès aux personnes pleinement vaccinées.

Bon gré mal gré, le public se plie à cette médecine, sachant que les sacrifices exigés portent fruit.

Cela est moins vrai pour le couvre-feu, car il est difficile, voire impossible, d’en mesurer l’impact.

La décision du gouvernement d’y avoir recours relève de l’intuition.

Elle ne s’appuie pas sur une donnée scientifique probante démontrant son efficacité.

L’intuition vient de la conviction que le couvre-feu de 2020 a contribué à réduire la contagion.

Mais aucune étude ne le démontre.

On constate que l’Ontario a atteint les mêmes résultats que le Québec sans couvre-feu.


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Les partis d’opposition, qui appuient globalement les décisions du gouvernement, ont critiqué cette décision.

  • Qu’apporte-t-elle de plus, demande-t-on, alors que les occasions de se trouver dans les rues le soir après 22h sont presque nulles?

Le premier ministre François Legault savait que cette décision serait mal reçue, d’autant plus que son gouvernement se trouve à faire cavalier seul.

Les États qui y ont eu recours en 2019 et 2020 se sont abstenus cette fois.

Au-delà des questions d’efficacité, on juge que le couvre-feu est une mesure extrême, de dernier recours, dont la portée symbolique quant aux libertés individuelles ne peut être ignorée.

La décision de Québec d’y avoir recours n’a pas été prise sans qu’il y ait de vives discussions.

On a vu tout le soin mis par François Legault à justifier cette décision.


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Au-delà des enjeux sanitaires, le choix qu’a fait le gouvernement a une portée politique.

Déjà critiqué pour l’adoption de lois qui mettent en cause certains droits individuels, comme dans le cas de la loi 21, cette mesure, imposée par simple décret, donne du grain à moudre à ses opposants.

Souvent, François Legault justifie ses décisions en faisant référence à «la balance des avantages et inconvénients».

Ici, les inconvénients pourraient bien l’emporter.

Le premier ministre s’est avancé sur un terrain glissant.

Pas au point de tomber. Il jouit toujours d’un fort capital de sympathie.

Mais, intuitivement, il sait que le mieux pourrait se révéler être l’ennemi du bien.

D’où sa promesse solennelle de mettre fin à cette mesure à la première occasion.

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Bernard Descôteaux