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Analyse POLITIQUE

Comment le 11 septembre 2001 a changé le Canada

Mis à jour le 11 sept. 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Chroniqueur politique à InfoBref, ancien directeur du Devoir

Les tours jumelles du World Trade Center à New York après l’attentat du 11 septembre 2001 [crédit photo: Michael Foran]

  • Il y a 20 ans aujourd’hui tombaient les tours jumelles du World Trade Center à New York. L’attentat terroriste a changé nos vies et entraîné le Canada dans l’aventure afghane d’où il se retire sans gloire.
  • Cet anniversaire, qui survient en pleine campagne électorale, permet de réfléchir aux grands enjeux internationaux. Les chefs de partis préfèrent cependant éviter le sujet. Ils ont l’esprit ailleurs.

Le 11 septembre 2001 fait partie désormais des marqueurs de l’histoire contemporaine. Ce jour-là, le monde a changé.

Après la fin de la guerre froide et de la polarisation entre blocs communiste et capitaliste, le monde occidental se trouvait face à un nouvel ennemi dont l’arme était le terrorisme.

  • Les mesures de sécurité adoptées après l’attentat ont changé irrémédiablement nos façons de voyager et limité la libre-circulation des personnes.
  • De nouveaux pouvoirs octroyés aux services de sécurité ont restreint certains droits individuels.

Ces contraintes ont été acceptées non sans réticences, tout comme celles qu’entraîne 20 ans plus tard la pandémie de la Covid-19.

Pour se prémunir contre de nouvelles attaques et dans un esprit de vengeance, l’Occident se rallia autour des États-Unis.

Ce fut le début de la chasse contre Al-Qaïda en Afghanistan.

Le Canada sera de cette aventure.

  • Quelque 40 000 militaires canadiens seront déployés en Afghanistan entre 2001 et 2014.
  • 158 d’entre eux y laisseront leur vie.
  • De nombreux autres en reviendront blessés physiquement ou moralement.

Le retrait des États-Unis d’Afghanistan le 30 août, suivi de la prise du pouvoir par les talibans, a marqué l’échec de cette opération.

Cet événement était de nature à perturber la campagne électorale fédérale.

  • Le Canada était mis devant ses engagements à l’endroit des interprètes, et de leurs familles, qui avaient servi les troupes canadiennes.
  • Leur rapatriement a été bâclé.

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Mais le sujet est vite passé au second plan.

Mercredi, lors du débat des chefs, la question du rapatriement des interprètes afghans a été soulevée.

Volontiers empathiques envers ces personnes laissées à la vindicte des talibans, les chefs de parti se sont pourtant bien gardés de faire un bilan de cette intervention en Afghanistan.

Libéraux et conservateurs, tout particulièrement, préfèrent éviter le sujet.

  • Ils partagent la responsabilité d’avoir engagé le Canada dans l’opération afghane.
  • Ce sont eux qui ont entraîné le Canada dans le sillage américain.

La pandémie leur offre l’excuse d’avoir plus urgent à faire que discuter de politique étrangère.

Leurs plateformes électorales ne prévoient d’ailleurs aucune remise en question des axes de la politique étrangère canadienne, le principal étant sa relation privilégiée avec les États-Unis.


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La proximité avec les États-Unis est inévitable.

  • Le dicton veut que l’on ait la diplomatie de sa géographie.
  • Mais cette proximité devient gênante lorsque le Canada en devient prisonnier comme dans l’affaire Meng Wanzhou.
  • La relation du Canada avec la Chine s’en trouve profondément perturbée.

Le Canada avait su, à une autre époque, garder une saine distance de son voisin et allié.

Cela lui permettait d’exercer une influence sur la scène mondiale.

Cette influence, le Canada l’a aujourd’hui perdue.

Ce n’est pas sans raison qu’à deux reprises au cours de la dernière décennie, il n’a pu trouver les appuis pour siéger au Conseil de sécurité de l’ONU.

D’une certaine manière, l’ombre du 11 septembre plane toujours sur le Canada.

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Bernard Descôteaux