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Décrypter les CRYPTOS

Pourquoi Bitcoin ne devrait pas suivre les traces d’Ethereum

Publié le 23 sept. 2022
David St-Onge
par David St-Onge
Chroniqueur à InfoBref Votre argent

[crédit photo: Amhnasim | Pixabay]

  • Ethereum, la plateforme de cryptomonnaie ayant la deuxième plus grande capitalisation après Bitcoin, a réussi la «fusion» qui marquait son passage à la technologie de preuve d’enjeu. Bitcoin ne devrait-il pas, lui aussi, passer à ce mode de fonctionnement plus sobre sur le plan énergétique?
  • La preuve d’enjeu semble bien adaptée à Ethereum. Mais, malheureusement, elle n’aurait pas que des avantages dans le cas de Bitcoin. Elle irait probablement même à l’encontre de sa fonction première.

La preuve d’enjeu (proof-of-stake) est un mécanisme de consensus typique du monde de la chaine de blocs (blockchain).

  • Un mécanisme de consensus sert à assurer l’ajout de nouveaux blocs à la chaine et en confirmer la validité afin que tout le monde reconnaisse chaque ajout.
  • La preuve d’enjeu nécessite moins d’énergie que la preuve de travail (proof-of-work), le mécanisme qu’utilise Bitcoin.

Voir notre article d’explication: Comment le Merge, un changement technique d’Ethereum, pourrait verdir les cryptomonnaies

En contrepartie, la preuve d’enjeu nécessite de la coordination, notamment pour les mises à jour et la gestion du temps.

Ainsi, le passage de la preuve de travail à la preuve d’enjeu a requis la coordination de la mise à jour de tous les ordinateurs du réseau Ethereum.

  • Préparer le code pour le Merge (la fusion) était déjà une prouesse technique en soi.
  • Mais en synchroniser le déploiement sur le réseau a été un véritable exploit.

En effet, le mécanisme de consensus de la preuve d’enjeu fonctionne un peu comme un immense ballet synchronisé entre tous les ordinateurs du réseau.

La précision de leurs horloges – à la seconde près – est donc d’une importance capitale pour ce système.


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Sur ces deux points, le passage à la preuve d’enjeu est plus compliqué pour Bitcoin.

Sur le réseau Bitcoin, il n’est pas vraiment possible de synchroniser ce genre de mise à jour sans laisser tomber au passage un grand pan des ordinateurs du réseau – parce que, sur ce réseau, rien ne force les utilisateurs à mettre à jour leur version du logiciel.

En ce qui concerne la gestion du temps, c’est la résilience qu’elle pourrait compromettre.

  • Dépendre d’un serveur de temps crée une surface d’attaque supplémentaire pour le système: elle le rend plus vulnérable.
  • Le fait que Bitcoin ne dépende pas, actuellement, de la précision ni de la disponibilité de serveurs de temps le rend plus résilient.

Il y a d’autres risques liés au passage à la preuve d’enjeu. L’un d’eux est un risque de centralisation:

  • Les jetons pourraient se retrouver concentrés dans les mains de quelques organisations qui offriraient aux détenteurs de jetons la possibilité de les placer chez elles pour participer à la preuve d’enjeu.

Ces risques sont tout à fait gérables pour Ethereum.

  • Sa plateforme a une mission différente de celle de Bitcoin.
  • Elle est aussi capable d’une certaine coordination, permettant par exemple la mise à jour complète du réseau.

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Dans le cas de Bitcoin, c’est tout le contraire.

Les risques créés par un passage à la preuve d’enjeu ne seraient pas compatibles avec la mission première de Bitcoin, qui est d’être un système de transfert de valeur alternatif non censurable.

Toute surface d’attaque supplémentaire ou toute nécessité de coordination absolue nuirait à Bitcoin.

Bitcoin est atteint d’une forme d’ossification qui le rend de facto plus résistant aux attaques.

La priorité de Bitcoin n’est pas d’innover, mais d’être le plus résilient possible face à toute menace.

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David St-Onge