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Analyse POLITIQUE

Face à la Chine, le Canada doit parler plus fort

Mis à jour le 13 oct. 2022
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Chroniqueur politique à InfoBref, ancien directeur du Devoir
  • Sous la direction de Xi Jinping, la Chine pratique une politique d’intimidation devant laquelle le Canada fait le dos rond. Il dénonce, mais n’ose pas poser des gestes.
  • La diplomatie douce que mène le Canada suscite de plus en plus de réserves – y compris au sein des rangs ministériels, où des voix réclament l’adoption de mesures de représailles.

Chien qui jappe ne mord pas, dit le dicton.

La Chine l’a bien compris. Elle a pu voir tous les ministres du gouvernement Trudeau s’abstenir lundi dernier lors de l’adoption par les Communes d’une résolution qui reconnaît l’existence d’un génocide en cours contre les Ouïghours et d’autres musulmans turciques.

Ce vote tenu aux Communes s’est révélé être un moment de vérité pour le gouvernement libéral:

  • l’occasion se présentant de dire haut et fort qu’il y a génocide, le voilà qui se tient coi – alors que, depuis des mois, il tente aux Nations-Unies de convaincre d’autres pays de se joindre à lui pour dénoncer ce génocide.

Comme s’il se pliait aux injonctions de l’ambassadeur chinois à Ottawa de ne pas intervenir dans les affaires domestiques chinoises!

Une autre fois, le gouvernement Trudeau a obtempéré.

La détention par Beijing depuis deux ans de deux otages canadiens en représailles à l’affaire Meng Wanzhou force Ottawa à la plus grande prudence tant que la libération des «deux Michael» n’est pas assurée.

Il en sera ainsi aussi longtemps que la vice-présidente de Huawei restera détenue par le Canada dans le cadre d’un processus d’extradition vers les États-Unis.

D’anciens ministres et diplomates, et même l’ancien premier ministre Jean Chrétien, avaient suggéré dès le départ de libérer Meng Wanzhou, quitte à déplaire à Washington.

  • Le Canada aurait pu ainsi préserver, voire consolider, sa relation avec son deuxième partenaire commercial.

Il est trop tard pour revenir en arrière. Le Canada s’est enfermé dans une stratégie qui consiste à obtenir des appuis de ses alliés, dont les États-Unis.

Le président Joe Biden s’est engagé cette semaine. Il est celui qui détient la clé.

  • Il pourrait retirer la demande d’extradition de Meng Wanzhou.
  • Mais il ne le fera que si cela sert sa propre relation avec Beijing.

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Continuer à plier l’échine est la pire des stratégies.

Les partis d’opposition, mais aussi des députés libéraux veulent que des gestes suivent les paroles. Ils demandent:

  • la création d’un programme spécial pour les réfugiés ouïghours;
  • l’interdiction de l’importation de biens fabriqués sous un régime de travail forcé;
  • l’adoption de sanctions contre les dirigeants chinois responsable de ce génocide.

Question de cohérence, le Canada pourrait aussi interdire à son Régime de pension d’investir ses fonds en Chine.

Il pourrait également se retirer de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, qui est dirigée depuis Beijing, et demander au Conseil national de recherches en sciences de cesser le financement de projets en partenariat avec la filiale canadienne de Huawei.

Les Canadiens sont peu nombreux à avoir une image positive de la Chine. Depuis deux ans, soit depuis l’affaire Wanzhou, leur perception s’est dégradée: la part de ceux qui voient la Chine d’un bon œil est passée de 23% à 15%, selon un récent sondage Nanos.

Si le gouvernement Trudeau choisit d’élever le ton, il aura l’appui des Canadiens.

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Bernard Descôteaux