POLITIQUE et société

Johanna Sabys

avec Johanna Sabys

Journaliste à InfoBref

Entrevue

Québec peut-il vraiment taxer les non-vaccinés?

Publié le 12 janv. 2022
Québec peut-il vraiment taxer les non-vaccinés?

Le professeur Olivier Jacques, politologue à l’École de santé publique de l’Université de Montréal

  • Le gouvernement Legault veut imposer dès la prochaine déclaration d’impôt une pénalité financière aux Québécois qui refusent, sans raison médicale, de se faire vacciner contre la Covid-19.  
  • «Est-ce qu’il peut le faire? Je pense que oui, répond à InfoBref le professeur Olivier Jacques, politologue à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. Une amende pour ne pas être vacciné ne va pas à l’encontre de la Loi canadienne sur la santé.» Mais la mesure sera «certainement» contestée. 

On ne sait pas encore à quel point cette mesure augmenterait le taux de vaccination, souligne le professeur Jacques: «Personne ne l’a encore fait».  

Québec pourrait être l’un des premiers gouvernements à appliquer une telle taxe. 

En Europe, quelques pays prévoient déjà de faire payer les non-vaccinés.  

  • L’Autriche veut imposer une amende de 7 200 euros (plus de 10 000 $) aux non-vaccinés lorsque la vaccination obligatoire entrera en vigueur le mois prochain pour tous les Autrichiens de 14 ans et plus. 
  • En Italie, le gouvernement songe aussi à une amende: la vaccination deviendra obligatoire le 15 février dans le pays pour les plus de 50 ans. 

«Le gros problème de la taxation», dit Olivier Jacques, c’est qu’elle nous entraîne «sur une pente glissante. On doit réfléchir à comment on finance nos systèmes de santé.»

  • Avec cette taxe, le gouvernement souhaite pénaliser «les personnes qui ont le plus de risque d’être malades». 

«La taxe risque de toucher des personnes vulnérables», craint-il. 

D’autres mesures pourraient être efficaces, croit Olivier Jacques, comme élargir le passeport vaccinal:  

  • à des milieux de travail – «en théorie, la vaccination devrait être obligatoire dans les secteurs de la santé et de l’éducation, mais ce n’est pas facile à implanter»; et 
  • à d’autres commerces – «à l’exception des épiceries et des dépanneurs, l’ensemble des commerces pourraient être touchés». 

Si cette taxe est imposée, «ce serait plus juste qu’elle soit progressive, en fonction des revenus des non-vaccinés, mais je ne suis pas sûr que le gouvernement puisse faire ça». 

  • Pour mettre en place une taxe progressive dans la prochaine déclaration, il faudrait que Revenu Québec puisse rapidement accéder au statut vaccinal des Québécois. 
Johanna Sabys
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On peut désormais recevoir la 3e dose dès la fin des symptômes

Publié le 12 janv. 2022
On peut désormais recevoir la 3e dose dès la fin des symptômes

(Source: Jeremy Bezanger / Unsplash)

  • Les Québécois qui viennent d’avoir la Covid-19 pourront désormais aller chercher leur 3e dose de vaccin anti-Covid dès la fin de leurs symptômes. 
  • Le ministère de la Santé en a fait l’annonce aujourd’hui. Dans le contexte épidémiologique actuel, Québec indique qu’il est recommandé que toutes les personnes qui le souhaitent puissent obtenir leur dose de rappel au plus vite, y compris ceux qui ont contracté la maladie récemment. 

La 3e dose de vaccin «offre une meilleure protection contre le variant Omicron», souligne le ministère de la Santé. 

  • Les Québécois peuvent la recevoir 3 mois après leur 2e dose de vaccin.  

Tous les adultes pourront prendre rendez-vous à partir de vendredi. 

En effet, les dates de début des prises de rendez-vous pour la 3e dose ont à nouveau été devancées: 

  • les 35 ans et plus peuvent prendre rendez-vous depuis aujourd’hui;  
  • les 25 ans et plus pourront le faire dès demain jeudi; et 
  • les 18 ans et plus pourront le faire dès vendredi. 

Le passeport vaccinal exigera d’avoir reçu 3 doses «lorsque toute la population aura eu l’occasion de recevoir sa dose de rappel», confirme le gouvernement.  

Il faudra alors 3 doses de vaccin, et non plus 2, pour être «adéquatement protégé».

Johanna Sabys
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Il faudra bientôt payer pour ne pas être vacciné

Publié le 11 janv. 2022
Il faudra bientôt payer pour ne pas être vacciné

(Source: Towfiqu Barbhuiya / Unsplash)

  • Le gouvernement imposera bientôt une pénalité financière aux personnes qui refusent, sans raison médicale, de recevoir la moindre dose de vaccin anti-Covid. 
  • Les 10% de Québécois qui n’ont encore reçu aucune dose de vaccin ne peuvent pas «nuire aux 90% de la population» qui se sont fait vacciner, affirme le premier ministre. Un montant «significatif» de pénalité doit être fixé sous peu.  

Tous les Québécois qui ne sont pas vaccinés (sauf pour raisons médicales) auront une contribution à payer, précise François Legault, et pas seulement ceux qui doivent être hospitalisés. 

  • Les non-vaccinés sont «un fardeau» pour le personnel de santé, justifie le premier ministre.  

Le ministre des Finances Éric Girard travaille déjà sur l’application de cette mesure. Cette «contribution santé» pourrait être faite lors de la déclaration d’impôt sur le revenu. 

Johanna Sabys
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Legault «comprend» la démission du Dr Arruda et la trouve «normale»

Publié le 11 janv. 2022
Legault «comprend» la démission du Dr Arruda et la trouve «normale»

François Legault (Source: Bureau du premier ministre)

  • Le directeur national de santé publique Horacio Arruda a remis lundi sa démission au premier ministre. François Legault a indiqué aujourd’hui qu’il trouvait «normal qu’après 22 mois intenses» de pandémie, le Dr Arruda se dise qu’il a «peut-être assez donné». 
  • Pour le remplacer au pied levé, Québec a nommé ce matin de façon intérimaire le Dr Luc Boileau, qui était jusqu’ici le PDG de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (Inesss).  

Le Dr Arruda était en poste depuis 2012. Il a été reconduit pour 3 ans en 2020. 

Pendant près de 2 ans de pandémie, «ça n’a pas toujours été facile, dit Legault, de justifier ses décisions et de se faire critiquer». 

Le premier ministre a remercié le Dr Arruda au nom de tous les Québécois. 

  • Il a reconnu qu’il y avait «des avantages et des désavantages» à changer de directeur national de santé publique aujourd’hui. 
  • La décision d’accepter cette démission «n’était pas facile» à prendre, dit-il, mais après 22 mois, «il y a plus d’avantages à confier ces importantes responsabilités à une autre personne».

Le Dr Boileau est la personne de la situation, selon Christian Dubé. 

Le PDG de l’Inesss, qui était auparavant président de l’Institut national de santé publique du Québec (Inspq) est «capable de parler à l’équipe [de la santé publique] qu’il connaît bien», dit le ministre de la Santé. 

Plusieurs autres candidats ont déjà été cités pour remplacer le Dr Arruda de façon permanente, dont: 

  • la Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal; et 
  • la Dre Joanne Liu, pédiatre urgentologue et ancienne présidente de Médecins sans frontière, qui a géré l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest en 2014.

Mais la nomination définitive d’un nouveau directeur national de santé publique ne devrait pas arriver tout de suite.  

  • La priorité est de «sortir de cette vague et de limiter les dégâts», dit Dubé.

En attendant, «le Dr Boileau peut nous donner un coup de main, dit le ministre. Il a déjà des dossiers sur son bureau et devra prendre des décisions dans les prochaines heures».

Johanna Sabys
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Qui recevra les futurs vaccins anti-Omicron de Pfizer et Moderna?

Publié le 10 janv. 2022
Qui recevra les futurs vaccins anti-Omicron de Pfizer et Moderna?

(Source: Adrià Crehuet Cano / Unsplash)

  • Une nouvelle version du vaccin de Pfizer adaptée au variant Omicron devrait être prête dès le mois de mars. Celle de Moderna doit arriver cet automne. Mais le gouvernement espère administrer une troisième dose de vaccin anti-Covid à tous les Québécois d’ici mars, donc avant l’arrivée de ces nouvelles versions.
  • Sur la chaîne américaine CNBC, le PDG de Pfizer Albert Bourla a reconnu lundi qu’il ne savait pas «si on en aura besoin ni comment il sera utilisé», mais l’entreprise a déjà commencé à produire son nouveau vaccin. 

Pfizer espère surtout que cette nouvelle version de son vaccin anti-Covid protégera «beaucoup mieux contre les infections», indique son PDG. 

  • Les vaccins actuels offrent une protection «assez raisonnable» contre les hospitalisations et les cas sévères «si vous avez reçu la 3e dose», dit-il. 

Les laboratoires se préparent-ils pour une 4e dose? 

Selon Albert Bourla, il faut encore mener des études pour savoir si une 4e dose de vaccin est nécessaire. 

Depuis la fin de l’année, Israël administre déjà une 4e dose du vaccin actuel de Pfizer aux 60 ans et plus, aux immunosupprimés et aux travailleurs de la santé.

  • Selon le gouvernement israélien, cette 4e dose multiplie par 5 les anticorps qui protègent contre la Covid dès une semaine après son injection. 

[Pour contexte, notre article du 3 janvier Qu’avons-nous appris sur le variant Omicron?]

Johanna Sabys
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Les 40 ans et plus peuvent désormais prendre rendez-vous pour leur troisième dose

Publié le 10 janv. 2022
Les 40 ans et plus peuvent désormais prendre rendez-vous pour leur troisième dose

(Source: Unsplash)

  • Pour contrer la propagation du variant Omicron, le gouvernement a, la semaine dernière, devancé de quelques jours le calendrier de prise de rendez-vous pour la troisième dose de vaccin. 
  • Les Québécois de 35 ans à 39 ans pourront prendre rendez-vous à partir de mercredi (12 janvier); les 25 à 34 ans pourront le faire à partir de vendredi (14 janvier); et lundi prochain (17 janvier), tous les adultes québécois pourront prendre rendez-vous pour leur troisième dose. 

Le nombre d’hospitalisations continue à augmenter dans les hôpitaux du Québec. 

  • 140 nouvelles hospitalisations se sont ajoutées dans les dernières 24h, ce qui porte à 2436 le total des personnes hospitalisées en raison de la Covid-19.
  • 11 007 nouveaux cas se sont également ajoutés, ainsi que 23 nouveaux décès. 

Le délestage est de plus en plus important dans le réseau de la santé. 

Les régions de Laval, Lanaudière, des Laurentides ainsi que les 3 centres intégrés de santé et de services sociaux (Cisss) de la Montérégie ont obtenu l’aval du ministère de la Santé pour passer au palier 4 du délestage, selon Radio-Canada.

4 est le palier d’alerte le plus élevé. Il doit permettre de libérer plus de lits pour les malades de la Covid-19 et de temporairement réaffecter du personnel à leur traitement. 

Dans les régions concernées, certaines salles d’urgence pourraient être fermées et certains suivis ou chirurgies non urgentes pourraient être reportés.

Félix Côté
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Des aînés hospitalisés pour la Covid à nouveau transférés vers des CHSLD

Publié le 9 janv. 2022
Des aînés hospitalisés pour la Covid à nouveau transférés vers des CHSLD

(Source: Pixabay)

  • Le variant Omicron continue à faire grimper le nombre d’hospitalisations: plus de 2400 Québécois étaient hospitalisés dimanche, soit 1000 de plus que lundi dernier.  
  • Comme lors de la première vague au printemps 2020, les hôpitaux surchargés se disent désormais obligés de transférer des patients âgés vers les CHSLD. 

Le Parti québécois s’oppose à ces transferts

«Le gouvernement n’a pas du tout tiré de leçon de la première vague», s’est indignée dimanche la porte-parole du PQ pour les aînés Lorraine Richard. 

  • «On fait les mêmes erreurs encore en surchargeant les CHSLD, comme si on n’avait pas vu les conséquences d’une telle décision.» 
  • Dans les CHSLD, «on risque de surcharger les ressources et de mettre à risque la qualité des soins». 

Cette semaine, la coroner doit terminer son enquête sur les nombreux décès survenus en CHSLD lors de la première vague.

Géhane Kamel interrogera ce lundi 2 fonctionnaires du ministère de la Santé pour savoir quelles mesures le gouvernement a prises entre janvier et mars 2020.

La ministre responsable des Aînés Marguerite Blais doit également témoigner, après plusieurs reports de la date de son audience pour des raisons de santé. 

Johanna Sabys
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Déni cosmique: pourquoi les scientifiques aiment le dernier succès Netflix

Publié le 9 janv. 2022
Déni cosmique: pourquoi les scientifiques aiment le dernier succès Netflix

L’affiche du film Don’t look up – Déni cosmique, en français (Source: Netflix)

  • En moins de 2 semaines, Don’t look up (Déni cosmique, en français) est monté sur la troisième marche du podium des films les plus populaires sur Netflix – ce qui est assez exceptionnel pour une fiction qui parle de science. 
  • Le film est une comédie grinçante sur la découverte d’une comète qui va percuter la Terre et anéantir l’humanité. Il «réussit parfaitement à traduire la frustration des experts du climat», affirme le journaliste David Vetter dans le magazine Forbes.

«La chose la plus effrayante de Don’t Look Up, c’est qu’aussi absurde qu’il soit, il exagère à peine», résume le journaliste Branko Marcetic dans le magazine américain Jacobin

Dans Déni cosmique, la présidente des États-Unis (Meryl Streep) est inquiète de l’effet que la comète aura sur les prochaines élections. 

Les médias ne prennent pas au sérieux les deux astronomes qui l’ont découverte (Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence). 

Ils se retrouvent dans une situation similaire à celle des climatologues depuis 30 ans. 

  • C’est exactement l’objet du film, reconnaît sur Twitter son réalisateur Adam McKay.

Les scientifiques et les militants écologiques se reconnaissent en eux. 

  • «Don’t Look Up reflète la folie dont je suis témoin tous les jours», écrit le climatologue américain Peter Kalmus dans le quotidien britannique The Guardian
  • «J’ai aussi souffert de cette dissonance lors d’interventions dans les médias, avec la question de la manière d’aborder des enjeux graves liés au changement climatique, dans un monde médiatique qui cherche la distraction, les aspects simplistes, la dispute», a témoigné sur Twitter la climatologue française Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du Groupe 1 du Giec.
  • «Don’t Look Up est une des plus importantes contributions à la vulgarisation de la science», commente l’astrophysicienne Rebecca Oppenheimer dans le magazine Scientific American

Certains critiques sont moins enthousiastes

Des critiques cinématographiques trouvent le film «trop évident» ou «lourd», et jugent qu’il «manque de nuances» ou «rate la cible». 

Cette réserve en dit plus sur eux que sur le film, affirme le journaliste Nathan Robinson dans la revue américaine Current Affairs

Dans le film, le grand facilitateur de ce déni est l’écosystème moderne de l’information: 

  • La séparation d’une vedette de la chanson et de son petit ami prend le dessus sur une comète qui va percuter la Terre. 
  • La page couverture du magazine Sports Illustrated titre «La fin du monde est proche. Y’aura-t-il un Superbowl?». 

Le film pourrait-il changer les comportements face à l’urgence climatique? 

Le succès du film et les discussions qu’il suscite démontrent que le public veut aller plus loin, croit le journaliste américain Brian Kahn [son article sur le blogue Gizmodo]. 

Déni cosmique pourrait faire comprendre à certains la difficulté de vulgariser une menace existentielle à long terme.

  • Si c’est difficile avec une comète qui va détruire la Terre dans 6 mois, ça l’est encore plus pour une menace climatique étalée sur des décennies. 
Agence Science-Presse
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Analyse POLITIQUE

Le couvre-feu est-il nécessaire?

Publié le 7 janv. 2022
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Le couvre-feu est-il nécessaire?

[crédit photo: Jonathan Rautenberg | Unsplash]

  • De tous les gestes posés par le gouvernement québécois dans la lutte contre la Covid-19, le couvre-feu est celui qui fait le moins consensus.
  • Les critiques pointent du doigt l’aspect radical d’une mesure qui limite la libre circulation des personnes et dont l’effet demeure par ailleurs aléatoire.

Les États du monde entier suivent le même livre de recettes pour contrer la propagation de la Covid-19.

En tête de liste se trouve la vaccination.

  • Près de 85% des Québécois ont reçu au moins une première dose de vaccin et 77%, deux doses.

Suivent d’autres mesures volontaires comme la distanciation, le port du masque et le lavage des mains.

Il y a par ailleurs les mesures imposées pour réduire les contacts sociaux.

Adoptées par décret, elles limitent les droits des individus, dont celui de circuler librement.

  • Dans le domaine privé, les rencontres sont limitées à la bulle familiale.
  • Dans le domaine public, bars, restaurants, salles de gym et salles de spectacle sont fermés.
  • L’accès aux commerces est réduit à 50% de leur capacité.

Là où il est toujours possible de fréquenter des lieux publics, tels musées, bibliothèques et stations de ski, le passeport vaccinal restreint l’accès aux personnes pleinement vaccinées.

Bon gré mal gré, le public se plie à cette médecine, sachant que les sacrifices exigés portent fruit.

Cela est moins vrai pour le couvre-feu, car il est difficile, voire impossible, d’en mesurer l’impact.

La décision du gouvernement d’y avoir recours relève de l’intuition.

Elle ne s’appuie pas sur une donnée scientifique probante démontrant son efficacité.

L’intuition vient de la conviction que le couvre-feu de 2020 a contribué à réduire la contagion.

Mais aucune étude ne le démontre.

On constate que l’Ontario a atteint les mêmes résultats que le Québec sans couvre-feu.


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Les partis d’opposition, qui appuient globalement les décisions du gouvernement, ont critiqué cette décision.

  • Qu’apporte-t-elle de plus, demande-t-on, alors que les occasions de se trouver dans les rues le soir après 22h sont presque nulles?

Le premier ministre François Legault savait que cette décision serait mal reçue, d’autant plus que son gouvernement se trouve à faire cavalier seul.

Les États qui y ont eu recours en 2019 et 2020 se sont abstenus cette fois.

Au-delà des questions d’efficacité, on juge que le couvre-feu est une mesure extrême, de dernier recours, dont la portée symbolique quant aux libertés individuelles ne peut être ignorée.

La décision de Québec d’y avoir recours n’a pas été prise sans qu’il y ait de vives discussions.

On a vu tout le soin mis par François Legault à justifier cette décision.


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Au-delà des enjeux sanitaires, le choix qu’a fait le gouvernement a une portée politique.

Déjà critiqué pour l’adoption de lois qui mettent en cause certains droits individuels, comme dans le cas de la loi 21, cette mesure, imposée par simple décret, donne du grain à moudre à ses opposants.

Souvent, François Legault justifie ses décisions en faisant référence à «la balance des avantages et inconvénients».

Ici, les inconvénients pourraient bien l’emporter.

Le premier ministre s’est avancé sur un terrain glissant.

Pas au point de tomber. Il jouit toujours d’un fort capital de sympathie.

Mais, intuitivement, il sait que le mieux pourrait se révéler être l’ennemi du bien.

D’où sa promesse solennelle de mettre fin à cette mesure à la première occasion.

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La vaccination obligatoire est inévitable, croit Jean-Yves Duclos

Publié le 7 janv. 2022
La vaccination obligatoire est inévitable, croit Jean-Yves Duclos

(Source: Unsplash)

  • Le ministre fédéral de la Santé Jean-Yves Duclos a affirmé aujourd’hui lors d’une conférence de presse que la vaccination obligatoire sera nécessaire pour retrouver «une situation et une vie normales». Il dit croire «personnellement qu’on va en arriver là un jour». 
  • Le ministre a précisé que le gouvernement fédéral n’était pas rendu à ce stade, et que c’était «une décision qui sera prise par les provinces et les territoires à un moment donné».

Environ la moitié des hospitalisations au Québec sont dues à des personnes non vaccinées, a rappelé le ministre.

  • Il a qualifié cette situation de «fardeau» pour les travailleurs de la santé et la société.

Bilan Covid au Québec – dans les dernières 24h, il y a eu:

  • 2133 hospitalisations, soit 180 de plus qu’hier et 1070 de plus qu’il y a une semaine;
  • 27 décès liés à la Covid-19, soit plus du double qu’il y a une semaine; et
  • 16 176 nouveaux cas comptabilisés. 

Le ministre de la Santé Christian Dubé a souligné sur Twitter que «les prises de rendez-vous pour la première dose sont passées de 1500 par jour à plus de 6000 jeudi».

Actuellement, 85% des Québécois ont reçu 1 dose, 78% en ont reçu 2, et 20% en ont reçu 3.

Félix Côté
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Travailleurs positifs sans test: Boulet demande aux entreprises de faire preuve de souplesse

Publié le 6 janv. 2022
  • Le ministre du Travail Jean Boulet croit «en la bonne foi des travailleurs» qui se disent positifs à la Covid, mais qui ne peuvent dorénavant plus passer de test en centre de dépistage pour le prouver à leur employeur.   
  • Le Québec disposera d’une trentaine de millions de tests rapides d’ici la fin du mois, a également indiqué Jean Boulet à La Presse Canadienne. Le ministre a renvoyé les entreprises vers un nouveau guide publié jeudi par la CNESST pour aider les employeurs à appliquer les nouvelles règles sanitaires. 

Vague Omicron: Québec doit gérer l’«avalanche d’hospitalisations»

Publié le 6 janv. 2022
Vague Omicron: Québec doit gérer l’«avalanche d’hospitalisations»

(Source: David Mark / Pixabay)

  • D’ici 10 jours, selon les dernières projections, il pourrait y avoir 3000 Québécois positifs à la Covid hospitalisés, dont 400 en soins intensifs. Québec doit donc augmenter la capacité hospitalière.
  • Or, le réseau de la santé «perd encore plus de personnel à tous les jours», s’inquiète Christian Dubé: 20 000 employés sont absents parce qu’ils ont dû s’isoler.  

Dans un rapport publié jeudi, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux souligne qu’à cause de l’accès désormais restreint aux centres de dépistages, le nombre de cas réels est fortement sous-estimé.

Par ailleurs, les effets positifs des mesures annoncées en fin d’année ne sont pas encore visibles dans les données actuelles. 

Québec évalue ses options pour accueillir les patients de la vague Omicron. 

Le ministre de la Santé Christian Dubé a indiqué jeudi que des discussions «excessivement positives» étaient en cours avec les syndicats pour obtenir du personnel supplémentaire.  

La capacité hospitalière devrait passer à 2500 lits dans les 2 prochaines semaines, puis à 3500 ensuite.   

En attendant, plusieurs hôpitaux sont déjà passés au niveau de délestage maximal. 

  • Ils doivent reporter de nombreuses chirurgies pour réaffecter le personnel.

Le gouvernement serre la vis aux non-vaccinés.  

Ils n’entreront plus dans les succursales de la SAQ ni de la SQDC à partir du 18 janvier [détails dans notre bulletin d’hier soir].

Johanna Sabys
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