POLITIQUE et société

Johanna Sabys

avec Johanna Sabys

Journaliste à InfoBref

Pesticides, rejets polluants, voitures: Québec veut renforcer les lois environnementales

Publié le 6 oct. 2021
Pesticides, rejets polluants, voitures: Québec veut renforcer les lois environnementales

(Source: Erich Westendarp / Pixabay)

  • Le ministre de l’Environnement Benoît Charette a déposé un projet de loi «omnibus» qui prévoit notamment de réviser des lois et règlements sur les pesticides et les rejets polluants. 
  • Le projet de loi 102 contient aussi l’interdiction de vendre des véhicules neufs à essence à compter de 2035 – une échéance que Québec solidaire souhaiterait devancer. 

Taxer et contrôler les pesticides 

Le gouvernement Legault propose de réviser la Loi sur les pesticides pour: 

  • taxer la distribution, la vente, la fabrication, l’achat à l’extérieur du Québec, la possession, l’entreposage, le transport et l’utilisation de pesticides; 
  • exiger un permis aux personnes qui achètent des pesticides hors du Québec –tout achat devrait désormais être déclaré; 
  • renforcer les pouvoirs d’inspection et d’enquête du ministère; et 
  • rehausser les sanctions des contrevenants à la Loi sur les pesticides.

Gérer les rejets polluants 

Les personnes responsables d’un rejet accidentel de produits contaminants devaient jusqu’ici faire cesser le rejet. 

Le projet de loi 102 les obligerait désormais également:  

  • à récupérer, nettoyer ou traiter les matières contaminées par le rejet; ou
  • si c’est impossible, retirer ces matières de la zone affectée et les expédier vers un lieu autorisé.

Interdire la vente de voitures à essence 

Le gouvernement a inscrit dans le projet de loi 102 sa promesse d’interdire la vente de véhicules neufs à essence à compter de 2035. 

Québec devrait plutôt l’exiger dès 2030, selon Québec Solidaire. 

  • La porte-parole de QS Manon Massé appuie cette demande sur les conclusions du dernier rapport du GIEC. 

Mais le marché québécois ne serait pas prêt, dit le ministre de l’Environnement.

  • En 2030, «il n’y aurait pas suffisamment d’autos neuves électriques pour approvisionner le marché québécois», a répondu mercredi Benoit Charette à l’Assemblée nationale.  
  • Selon lui, il faut travailler «avec les constructeurs [et] les concessionnaires, selon la technologie qui est disponible».
Johanna Sabys
En savoir plus En savoir plus

La vaccination bientôt obligatoire pour les voyageurs canadiens et les fonctionnaires fédéraux

Publié le 6 oct. 2021
La vaccination bientôt obligatoire pour les voyageurs canadiens et les fonctionnaires fédéraux

(Source: Claudio-Schwarz / Unsplash)

  • Dès la fin du mois, les Canadiens de 12 ans et plus devront être adéquatement vaccinés pour voyager au pays en avion, en train et en bateau.
  • Les 250 000 employés fédéraux devront eux aussi avoir reçu 2 doses de vaccin anti-Covid d’ici le 29 octobre – cette mesure vise tous les employés des ministères et organismes fédéraux et les policiers de la GRC. 

Une preuve vaccinale pour voyager au Canada

Seules les personnes doublement vaccinées pourront désormais voyager en avion, en train et en bateau. 

  • La mesure concerne tous les Canadiens de 12 ans et plus dès le 30 octobre. 

Mais Ottawa prévoit une période de grâce d’un mois. 

  • Les voyageurs non vaccinés pourront continuer à emprunter les transports jusqu’au 30 novembre s’ils présentent un test de dépistage négatif.

Les employés fédéraux devront déclarer leur statut vaccinal d’ici le 29 octobre: 

  • Les fonctionnaires qui auront reçu 1 seule dose de vaccin à cette date auront un délai de 10 semaines pour obtenir leur 2e dose. 
  • Ceux qui refusent de se faire vacciner seront mis en congé sans solde à compter du 15 novembre. 

Les exemptions seront «très difficiles à obtenir et rares», a averti ce matin Justin Trudeau en conférence de presse. 

  • Elles seront toutefois possibles pour les travailleurs qui présenteront un document médical certifié ou en cas de motif religieux.
  • Les travailleurs exemptés devront se faire dépister chaque semaine.

La vaccination devrait prochainement être imposée aux membres des Forces armées, a indiqué la vice-première ministre Chrystia Freeland. 

  • Les sociétés de la Couronne et les organisations sous réglementation fédérale ont également été invitées à l’imposer à leurs employés.
Johanna Sabys
En savoir plus En savoir plus

Pourquoi caviarder des documents sur la qualité de l’air dans les écoles?

Publié le 5 oct. 2021
Pourquoi caviarder des documents sur la qualité de l’air dans les écoles?

(Source: Pixabay)

  • Le ministère de l’Éducation a masqué par des zones grises les deux tiers de ses échanges avec la Santé publique dans des documents qu’il a récemment envoyés à Radio-Canada. 
  • Les partis d’opposition se sont indignés hier à l’Assemblée nationale du manque de transparence du gouvernement Legault, alors qu’on pouvait raisonnablement penser que tout avait été dit cette année sur la qualité de l’air des classes québécoises. 

Qu’est-ce que le ministre de l’Éducation cache aux Québécois?

  • C’est ce qu’a demandé hier le porte-parole du Parti libéral en matière de famille, Marc Tanguay, à l’Assemblée nationale. 
  • Sur les 27 pages de documents, des «blocs entiers [sont] caviardés: ça n’a pas de bon sens», dit-il. 

Les quelques lignes encore visibles ne permettent pas de répondre à cette question, selon Radio-Canada. 

Le Parti libéral et le Parti québécois demandent à nouveau que la Commission de la culture et de l’éducation interroge les membres du ministère de l’Éducation et de la Santé publique au cœur de cette affaire. 

Le ministre de l’Éducation n’a pas expliqué le caviardage

À l’Assemblée nationale, Jean-François Roberge s’est contenté hier de souligner: 

  • que la qualité de l’air est «tout à fait acceptable» dans 90% des classes; et
  • que des lecteurs de CO2 sont en train d’être installés dans toutes les écoles.

5 mois pour accéder à des documents publics

  • Radio-Canada indique avoir demandé les documents début avril. 
  • Le ministère lui a envoyé les documents caviardés le 21 septembre. 
  • Or le gouvernement a l’obligation légale de répondre sous 30 jours à une demande d’accès à des documents publics.
Johanna Sabys
En savoir plus En savoir plus

Legault «ne peut pas prétendre que le système est raciste»

Publié le 5 oct. 2021
Legault «ne peut pas prétendre que le système est raciste»

François Legault (Source: Bureau du premier ministre)

  • Selon François Legault, le mot systémique est «relatif à un système dans son ensemble», et il n’y a pas, maintient-il, de racisme «systémique» au Québec.
  • Le premier ministre reconnaît toutefois que les membres des communautés autochtones sont victimes de discrimination et de racisme qu’il juge «inacceptables», et il faut, dit-il, «s’assurer que ça ne se reproduise pas». 

François Legault réagissait au rapport de la coroner Géhane Kamel sur le décès de Joyce Echaquan [détails dans notre bulletin de mardi soir]. 

Le gouvernement ne reconnaîtra pas le racisme systémique

  • Cette reconnaissance est pourtant la première recommandation de la coroner. 
  • Avant même le dépôt de son rapport, la question avait déjà causé la semaine dernière des débats houleux entre les partis à l’Assemblée nationale – le Parti libéral et Québec solidaire pressent le gouvernement de reconnaître le racisme systémique. 
  • De son côté, le Parti Québécois estime que la coroner a outrepassé son mandat en faisant cette recommandation au gouvernement Legault. 

Un problème de définition? 

  • Le premier ministre a mentionné de nombreuses fois celle du dictionnaire Le Petit Robert qui fait référence à «un système dans son ensemble».
  • Il n’y a pas au Québec de «système organisé qui part d’en haut» et qui a pour but de discriminer les membres des Premières Nations, affirme Legault. 
  • Selon lui, il y a «plusieurs définitions» et celle de la coroner est différente de la sienne. 

Legault admet qu’il y a du racisme au Québec

  • Mais, selon lui, ce sont seulement des groupes d’employés ou des dirigeants qui ont des approches discriminatoires à certains endroits. 

Des recommandations ont été appliquées au CISSS de Lanaudière, dit Legault:  

  • un membre de la communauté atikamekw a été nommé adjoint à la PDG; 
  • des agents de liaison atikamekw ont été embauchés; et 
  • 12 000 employés de l’hôpital ont déjà reçu au moins 3h de formation sur les réalités autochtones.
Johanna Sabys
En savoir plus En savoir plus

Rapport de la Coroner: la mort de Joyce Echaquan «aurait pu être évitée»

Publié le 5 oct. 2021
Rapport de la Coroner: la mort de Joyce Echaquan «aurait pu être évitée»

La coroner Géhane Kamel (Source: capture du point de presse diffusé par Radio-Canada)

  • Selon les conclusions présentées ce matin par la coroner qui a enquêté sur la mort de la mère de famille atikamekw, il s’agit d’un «décès accidentel» qui «aurait pu être évité».
  • Une semaine après le premier anniversaire de la mort de Joyce Echaquan, la coroner Géhane Kamel estime qu’elle n’outrepasse pas son mandat en recommandant à Québec de reconnaître l’existence du racisme systémique. 

La coroner tire 3 conclusions de son enquête.

Joyce Echaquan est décédée

  • «d’un œdème pulmonaire provoqué par un choc cardiogénique dans un contexte de cœur malade» – cardiomyopathie préexistante; et
  • «de manœuvres possiblement délétères», comme le maintien en décubitus dorsal – allongée sur le dos – sous contentions sans surveillance adéquate».

«Le racisme et les préjugés» qu’elle a subis à l’hôpital ont «certainement» contribué à son décès. 

C’est un «décès accidentel, mais il «aurait pu être évité»

  • Selon la coroner, il ne s’agit pas d’un «décès naturel»: Joyce Echaquan n’a pas eu accès aux soins qu’elle aurait dû recevoir.

Le rapport recommande surtout: 

  • au gouvernement de reconnaître le racisme systémique au sein des institutions québécoises; 
  • au CISSS de Lanaudière d’intégrer un agent de liaison de la communauté de Manawan aux équipes de soins; et 
  • au ministère de l’Enseignement supérieur de former les médecins et les infirmières aux réalités des patients autochtones – notamment avec des stages au sein des communautés. 

En ce qui concerne le racisme systémique

Selon la coroner, ce décès est «une preuve réelle que le système a échoué». 

  • «Le racisme systémique ne prétend pas que chaque individu qui compose ce système est raciste», précise Géhane Kamel: mais il s’agit d’un système qui «contribue à banaliser et à marginaliser les communautés autochtones». 
  • «C’est un système empreint de préjugés et de biais, dit-elle, qui a contribué à ne pas prendre la situation au sérieux». 
Johanna Sabys
En savoir plus En savoir plus

Des tests de dépistage rapide dans toutes les écoles dès lundi

Publié le 4 oct. 2021
Des tests de dépistage rapide dans toutes les écoles dès lundi

(Source: Alexandra Koch / Pixabay)

  • Des tests qui permettent de dépister la Covid-19 en 15 minutes par prélèvement nasal seront déployés dès le 11 octobre dans l’ensemble des écoles primaires et préscolaires du Québec. 
  • Le ministère de la Santé a toutefois souligné que ces tests rapides seront administrés dans chaque école seulement lorsque les membres de son personnel auront pu être formés. 

Dans certaines régions, les écoles disposent de tests depuis le 17 septembre: 

  • Mauricie-et-Centre-du-Québec, Estrie, Montréal, Outaouais, Laval, Lanaudière, Laurentides, Montérégie, et les MRC de Beauce-Sartigan, des Appalaches, des Etchemins et Robert-Cliche.

À compter du 11 octobre, toutes les régions sont concernées. S’ajouteront donc: 

  • Abitibi-Témiscamingue, Bas-Saint-Laurent, Capitale-Nationale, toutes les autres MRC de Chaudière-Appalaches, Côte-Nord, Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine, Nord-du-Québec, Nunavik, Saguenay–Lac-Saint-Jean et Terres-Cries-de-la-Baie-James.

Dans ces nouvelles régions, les parents des enfants qui fréquentent une école préscolaire ou primaire devront consentir à un éventuel dépistage en remplissant un formulaire transmis par l’école. 

  • Aucun test ne sera effectué sur un enfant sans le consentement de ses parents.

Si un enfant est testé positif en milieu scolaire:  

  • Les parents seront contactés par téléphone pour venir chercher l’élève qui devra s’isoler; et 
  • l’enfant devra passer un 2e test dans un centre de dépistage.
Johanna Sabys
En savoir plus En savoir plus

Garde en milieu familial: Québec hausse le revenu des responsables de 16%

Publié le 4 oct. 2021
Garde en milieu familial: Québec hausse le revenu des responsables de 16%

(Source: Pixabay)

  • À partir d’avril prochain, le gouvernement Legault bonifiera de 16% les subventions accordées aux responsables d’un service de garde (RSG) en milieu familial subventionné. 
  • Les RSG – qui offrent un service de garde public dans leur résidence privée – verront leurs revenus annuels augmenter de 38 000 $ à 44 000 $ pour 6 enfants, et de 41 000 $ à 47 000 $ pour 5 enfants et 1 poupon. 

Cette hausse concerne les 7800 RSG affiliées à la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), soit les trois quarts des RSG de la province. 

Québec avait déjà augmenté leurs subventions de 12% lors du renouvellement de leur convention collective à l’automne 2020. 

  • Avec la hausse supplémentaire annoncée aujourd’hui, les subventions des RSG auront donc augmenté de 28% en 1 an et demi.

Le gouvernement veut attirer du personnel dans le réseau des garderies.

  • Selon Québec, cette majoration permettra de maintenir, voire d’augmenter, l’offre de garde en milieu familial. 
  • Depuis 2014, le Québec a perdu 4000 places en milieu familial. 

Les négociations se poursuivent avec les CPE

En parallèle, Québec et la FIPEQ-CSQ négocient actuellement la prochaine convention collective des travailleuses des Centres de la petite enfance (CPE).

  • Le gouvernement doit faire une nouvelle offre cette semaine. 
  • De façon préventive, les CPE ont voté en faveur de 2 journées de grèves les 12 et 13 octobre prochain pour le cas où cette offre ne serait pas à la hauteur de leurs attentes. 

En juin dernier, Québec avait déjà annoncé un investissement de 200 millions $ sur 5 ans et une série de mesures pour créer des places en milieu familial [détails]. 

Dans 2 semaines, le ministre de la Famille Mathieu Lacombe doit déposer un projet de loi pour réformer le réseau de garderies et créer de nouvelles places.

Johanna Sabys
En savoir plus En savoir plus

La majorité des Québécois est contre la levée de toutes les mesures sanitaires

Publié le 4 oct. 2021
La majorité des Québécois est contre la levée de toutes les mesures sanitaires

(Source: Ministère de la Santé du Québec)

  • Selon un sondage Léger réalisé fin septembre, 69% des Québécois sont contre l’idée de lever dès maintenant toutes les restrictions en place pour limiter la propagation du virus, alors que 25% sont pour. 
  • 77% sont en faveur de l’obligation de présenter une preuve vaccinale pour accéder aux bars, aux restaurants et aux gyms. 

Les Québécois sont les plus optimistes au Canada:  

  • 62% croient qu’ils ont déjà traversé le pire de la pandémie, contre seulement 39% des personnes sondées dans l’ensemble du Canada. 

74% des Québécois se disent satisfaits de la gestion de la crise sanitaire par le premier ministre François Legault. 

À l’échelle nationale:

  • 78% des Canadiens interrogés sont en faveur du passeport vaccinal; et 
  • 74% sont contre la levée de toutes les restrictions sanitaires par les gouvernements.
Johanna Sabys
En savoir plus En savoir plus

Analyse POLITIQUE

Sortir du pétrole: la Caisse de dépôt a choisi son camp

Publié le 1er oct. 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Sortir du pétrole: la Caisse de dépôt a choisi son camp

[crédit photo: Jeremy Bezanger | Unsplash]

  • L’épargne des Québécois ne servira plus à soutenir la production pétrolière, au Canada ni ailleurs. D’ici la fin de 2022, la Caisse de dépôt et placement du Québec aura retiré tous ses investissements de ce secteur.
  • La stratégie climatique adoptée par cette institution vient renforcer le mouvement de désinvestissement des énergies fossiles initié par les groupes environnementalistes.

On pouvait s’y attendre, cette décision de la Caisse [détails sur la stratégie qu’elle a annoncée] a été bien reçue… sauf par l’industrie pétrolière.

Le gouvernement albertain l’a immédiatement qualifiée de «vision à courte-vue, déconnectée de la réalité».

  • C’est, presque mot pour mot, la réaction qu’il avait eu l’an dernier devant la décision du Fonds souverain de la Norvège de bannir quatre pétrolières canadiennes.

Le signal donné par la Caisse à la communauté financière avec sa stratégie climatique est de nature à inquiéter le secteur pétrolier de cette province.

  • L’actif de 390 milliards $ de la Caisse pèse lourd.
  • Sa décision aura un effet d’entraînement.

Les pressions pour le désinvestissement ne sont pas nouvelles.

Ces dernières décennies, plusieurs fonds se sont retirés de la production des énergies fossiles.

  • Au Canada, des communautés religieuses et des universités, notamment Laval et Concordia, ont participé à ce mouvement de désinvestissement.
  • Des fonds de travailleurs, comme le Fonds de solidarité FTQ et Fondaction, s’y sont joints plus récemment.

Confortés par l’exemple donné, d’autres voudront s’ajouter à la liste.


L’essentiel des nouvelles importantes chaque jour en 10 minutes? C’est ce que vous offrent les deux bulletins quotidiens d’InfoBref. Essayez-les: abonnez-vous gratuitement ici ou cliquez sur le bouton «Infolettres» en haut à droite


Il ne faut pas s’étonner de la décision de la Caisse.

Elle ne vit pas en vase clos de sa société.

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, lui rappelait il y a peu qu’elle se devait d’apporter sa contribution à la lutte aux changements climatiques.

La Caisse ne peut ignorer que:

  • le parlement canadien a adopté il y a quelques mois une loi dont l’objectif est d’atteindre la carboneutralité au Canada à l’horizon 2050; ni que
  • le gouvernement Legault se prépare à interdire toute exploration et toute exploitation pétrolière et gazière sur le territoire québécois [détails].

Elle se distingue en cela de l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada qui agit à contre-courant des politiques climatiques du gouvernement canadien.

  • Fort d’un actif de 520 milliards $, il continue à soutenir les entreprises qui extraient du pétrole.

Les fonds qui persistent à investir dans les énergies fossiles prétendent pouvoir, par leur présence dans des compagnies, soutenir l’adoption de stratégies de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre.

Ils font le pari que le pétrole a toujours un avenir.


Découvrez les autres analyses politiques de Bernard Descôteaux, ancien directeur du Devoir, publiées chaque samedi dans InfoBref Matin [pour les recevoir par courriel, inscrivez-vous gratuitement à nos infolettres]


L’avenir du pétrole est pourtant limité.

En mai dernier, l’Agence internationale de l’Énergie appelait, pour contenir la croissance des émissions de GES produites par l’homme, à cesser tout investissement dans de nouveaux projets d’exploitation d’énergies fossiles.

Ce secteur de l’énergie produit trois quarts du total des GES.

La Caisse de dépôt avance prudemment, malgré le caractère spectaculaire de son retrait de la production pétrolière.

  • Elle ne sort que 1% de son actif du secteur des énergies fossiles.
  • Le risque de perte n’est pas grand.
  • Elle maintient par ailleurs ses investissements dans le gaz naturel – toujours nécessaire comme énergie de transition –, tout comme dans les oléoducs.

L’obligation de donner à ses épargnants de bons rendements la conduit à rechercher un juste milieu entre le profit et son engagement envers le climat.

Néanmoins, elle a su, avec cette stratégie, choisir son camp.

Pour recevoir l’analyse politique de Bernard Descôteaux chaque samedi dans votre courriel: abonnez-vous gratuitement ici au bulletin de nouvelles quotidien InfoBref Matin

En savoir plus En savoir plus

Mort de Joyce Echaquan: le gouvernement doit reconnaitre le racisme systémique, dit le coroner

Publié le 1er oct. 2021
Mort de Joyce Echaquan: le gouvernement doit reconnaitre le racisme systémique, dit le coroner

Le Centre hospitalier De Lanaudière où est décédée Joyce Echaquan (Source: Google Maps)

  • Le rapport d’enquête du coroner Géhane Kamel concernant le décès de la femme Atikamek Joyce Echaquan, décédée le 28 septembre 2020 au Centre hospitalier De Lanaudière, a été rendu public aujourd’hui. 
  • Le Coroner a émis une série de recommandations. La première appelle le gouvernement Legault à reconnaitre le racisme systémique au sein des institutions et à prendre l’engagement de contribuer à son élimination.  

Joyce Echaquan est décédée d’un œdème pulmonaire, selon l’autopsie et le rapport d’expert. 

  • Il s’agit d’un décès accidentel. Le décès est survenu dans un contexte où le cœur de la patiente était déjà malade, indique le rapport. 
  • Mais le coroner associe également le décès «à des manœuvres possiblement délétères».
  • De plus, «le racisme et les préjugés» y auraient contribué. 

Joyce Echaquan a été hospitalisée du 26 au 28 septembre 2020, jour où son décès a été constaté.

Elle avait été étiquetée comme une patiente en sevrage de narcotiques dès son arrivée au centre hospitalier. 

  • Sur la base de ce préjugé, ses appels à l’aide n’avaient pas été considérés avec sérieux, note le rapport. 
  • Le rapport indique qu’elle consommait plutôt des médicaments uniquement dans un cadre thérapeutique. 
  • Sur une vidéo diffusée en direct par Joyce Echaquan pendant son séjour, deux membres du personnel soignant avaient prononcé des paroles dénigrantes à son égard.
Félix Côté
En savoir plus En savoir plus

Quand pourra-t-on se passer de masque?

Publié le 30 sept. 2021
Quand pourra-t-on se passer de masque?

(Source: Pixabay)

  • Les Québécois devraient pouvoir cesser de porter un masque dans les lieux publics lorsque les enfants de 5 à 11 ans seront vaccinés.
  • Santé canada doit approuver cet automne un premier vaccin pour cette tranche d’âge. Selon le ministre de la Santé Christian Dubé, la vaccination des enfants aura «un impact important sur la contamination».

Le directeur national de santé publique Horacio Arruda a souligné qu’il n’y avait pas encore de couverture vaccinale précise à atteindre pour retirer les masques. 

Selon le Dr Arruda, l’analyse est «beaucoup plus complexe» et elle doit tenir compte de la situation épidémiologique. 

Arruda croit que les masques ne seront plus obligatoires

  • si «on a de bons taux de vaccination» chez les 5 à 11 ans; et 
  • si la situation est «sous contrôle en termes de transmission». 

Il s’attend à ce que:  

  • la vaccination des 5 à 11 ans débute fin octobre ou début novembre; et que
  • celle des 6 mois à 5 ans débute en janvier ou février.

Au Québec, 86% des parents auraient l’intention de faire vacciner leur enfant, selon l’Institut national de santé publique du Québec. 

Johanna Sabys
En savoir plus En savoir plus

Les règles de santé et sécurité au travail sont renforcées par une nouvelle loi

Publié le 30 sept. 2021
  • Le projet de loi 59 du gouvernement Legault pour moderniser le régime de santé et sécurité au travail a été adopté aujourd’hui à l’Assemblée nationale par la CAQ – même si les 3 partis d’opposition ont voté contre. 
  • Depuis son dépôt l’automne dernier, le projet a été très critiqué: malgré les révisions effectuées, les nouvelles règles sont jugées trop contraignantes par les associations patronales, alors que les syndicats trouvent qu’elles donnent trop de pouvoir aux patrons. 

Une réforme «cruciale et nécessaire», affirme le ministre du Travail Jean Boulet. 

  • Les accidents du travail et les maladies professionnelles ont augmenté ces dernières décennies.  
  •  En 2019, Québec rapportait 107 000 lésions professionnelles et 260 accidents du travail par jour. 

Selon le gouvernement, cette réforme doit:  

  • augmenter la prévention des risques en milieu de travail;
  • faciliter l’accès au régime d’indemnisation; et 
  • bonifier le soutien aux travailleurs et aux employeurs. 

Mais l’opposition et les syndicats étaient contre 

Il y a 2 semaines, les associations patronales et les grandes centrales syndicales réclamaient son rejet [détails]. 

Jusqu’au moment de son adoption aujourd’hui:  

  • plusieurs députés de l’opposition ont souligné les lacunes de la réforme et de sa mise en œuvre; et 
  • des syndicats manifestaient contre le projet à l’extérieur de l’Assemblée.

Une réforme était pourtant réclamée depuis longtemps. 

  • La Loi sur la santé et la sécurité du travail date de 1979. 
  • La Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles date de 1985.
Johanna Sabys
En savoir plus En savoir plus