Analyse POLITIQUE

Après la pandémie viendra le temps des réformes sociales

Mis à jour le 13 mars 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Chroniqueur politique à InfoBref, ancien directeur du Devoir
  • Un an déjà que l’on vit avec la Covid-19. La pandémie aura été un révélateur des failles de notre système de solidarité sociale, qu’il faut entreprendre de corriger sans attendre.
  • Tout sera urgent dans l’après-pandémie. À mettre en haut de la liste: les soins aux aînés, premières victimes de la pandémie, et les programmes assurant la sécurité économique et financière des individus.

Les cérémonies d’hommage rendues cette semaine aux Québécois morts de la pandémie auront été un juste rappel des obligations qu’a la société de veiller à ce que le pire ne se reproduise pas.

Les statistiques quotidiennes de la Covid-19 ont pris au fil du temps un caractère irréel. On oublie à quel point elles sont cruelles:

  • Le Québec représente tout près de la moitié des quelque 23 400 victimes canadiennes.
  • Des 10 500 victimes québécoises, neuf sur dix étaient des aînés, et la plupart vivaient en CHSLD ou en résidences de personnes âgées.

On ne peut tourner la page sur ce drame sans comprendre pourquoi.

  • Le gouvernement Legault a donné des mandats particuliers au coroner, à la Vérificatrice générale, au Protecteur du citoyen et à la Commissaire à la santé.
  • Mais il se refuse à créer une commission d’enquête publique, de peur d’ouvrir une chasse aux coupables.

Les coupables, découvririons-nous sans doute, sont multiples.

En fait, c’est par irresponsabilité collective que les soins aux aînés se sont dégradés. Un exercice public permettrait de prendre conscience collectivement de l’abandon de responsabilité envers cette catégorie de citoyens et des changements à mettre en place.

Au-delà des morts, la pandémie a fait d’innombrables victimes sociales et économiques. Elles ne retrouveront pas toutes le cours normal de leur vie dans l’après-pandémie.

Les gouvernements misent sur des programmes de relance économique pour assurer le retour à la normalité, à la manière de la Loi de soutien économique du président Biden qui est associée à un budget de 1900 milliards $US.

Au Canada, le gouvernement fédéral s’appuiera sur un budget spécial qui pourrait aller jusqu’à 100 milliards $.

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Relancer la croissance économique ne sera pas un remède universel et instantané effaçant les stigmates de la pandémie. Tous ne retrouveront pas leur emploi. Certains seront longtemps au chômage ou devront se recycler.

Le filet social dont le Canada est si fier a montré ses limites pendant la pandémie.

  • Le régime d’assurance-emploi s’est révélé incapable d’offrir un soutien économique aux centaines de milliers de nouveaux chômeurs.
  • Les programmes habituels de redistribution du revenu n’arrivaient pas à aider tous ceux laissés sans sources de revenus.

La Prestation canadienne d’urgence, la PCU, a permis de donner le soutien économique dont les Canadiens avaient besoin, sans égard à leur situation personnelle.

  • C’était, sans le nom un régime de revenu minimum garanti, auquel tous avaient droit.
  • Cette universalité est ce qu’il faut rechercher pour l’avenir.

La normalité ne sera pas la même au lendemain de cette pandémie.

  • Les inégalités sociales se seront aggravées, et le risque d’une récession restera présent, tout comme le risque de nouvelles pandémies.
  • Comme pour les services de santé, le filet social a besoin d’être plus résilient et efficace.

Le temps des réformes est devant nous. Les gouvernements ne peuvent s’y soustraire.

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Bernard Descôteaux