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Analyse POLITIQUE

Vaccination obligatoire: droits individuels contre droits collectifs

Publié le 15 oct. 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Chroniqueur politique à InfoBref, ancien directeur du Devoir
Vaccination obligatoire: droits individuels contre droits collectifs

[crédit photo: CDC / Unsplash]

  • Québec a perdu son bras de fer contre les anti-vaccins. Au dernier moment, le ministre de la Santé a renoncé cette semaine à mettre à pied les travailleurs de la santé non vaccinés contre la Covid-19.
  • Cet échec survient à contretemps pour le gouvernement Legault, tout juste à la veille de l’ouverture d’une nouvelle session de l’Assemblée nationale. Il compte sur cette session pour se donner une nouvelle impulsion.

Les prochaines élections au Québec auront lieu dans moins d’un an, le 3 octobre prochain.

En vue de ce rendez-vous, le premier ministre François Legault présentera mardi à l’Assemblée nationale un discours inaugural dressant les priorités de son gouvernement pour les prochains mois.

Personne n’est dupe.

La Coalition Avenir Québec se met ainsi en mode électoral avec l’intention d’obtenir un deuxième mandat.

Sa réélection apparaît probable.

  • La CAQ caracole aujourd’hui en tête des sondages.
  • Les analystes électoraux prévoient même qu’elle pourrait obtenir une majorité sans précédent depuis 50 ans.

Perdre un bras de fer avec les opposants aux vaccins à la toute veille de ce nouveau départ est anti climax.

  • Cet échec ne met pas en péril sa réélection.
  • Mais il ternit son image.

En trois ans, le gouvernement caquiste n’avait pas connu beaucoup d’échecs.

Les partis d’opposition trouveront dans son recul matière à le critiquer.


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Le gouvernement avait pourtant sorti l’artillerie lourde pour cette opération que, à l’entendre, il allait réussir sans coup férir.

Les attentes élevées qu’il avait suscitées rendent l’échec d’autant plus décevant pour les 90% de Québécois en âge d’être vaccinés qui ont choisi de l’être dans l’espoir de créer une immunité collective.

Le résultat de cette opération soulève un doute quant à la capacité du ministre de la Santé, Christian Dubé, de remporter la deuxième prise de son bras de fer, qu’il a fixée au 15 novembre.

Les raisons objectives qui l’ont forcé à retraiter cette semaine seront sensiblement les mêmes dans un mois.

  • La pénurie de personnel et l’incapacité à réaliser un recrutement accéléré rendent indispensable la présence de ces employés non vaccinés.
  • Le gouvernement est ainsi confiné à l’impuissance. Il le sera tant que persistera cette pénurie de personnel.

Entre deux maux, le ministre se devait de choisir le moindre.

  • Sa première responsabilité comme ministre de la Santé est et sera toujours d’assurer la continuité des soins à la population.
  • Il ne peut se permettre de jouer à la roulette avec un système de santé fragilisé que la pandémie a poussé au-delà de ses capacités.

Cet échec montre que la bataille entreprise par le gouvernement pour soigner le système de santé sera plus longue et plus complexe qu’il l’imaginait.

Des résistances de toutes sortes persistent dans le système, où s’affrontent intérêts individuels et intérêts collectifs.


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Le débat se transportera devant les tribunaux dans les prochains jours.

  • Ils seront appelés à trancher entre libertés des uns et les droits des autres.
  • Rien pour accélérer les choses.

Le ministre de la Santé ne saurait être blâmé pour cet échec.

  • Tout au plus peut-on lui reprocher d’avoir présumé de ses forces.
  • Pour la suite des choses, il a besoin de l’appui de son gouvernement.

Le premier ministre François Legault le lui accordera dans le discours inaugural de mardi.

La santé s’y retrouvera tout en haut de sa liste des priorités gouvernementales.

À la veille d’une élection qui se tiendra en fin de pandémie, faire autrement serait courir à sa perte.

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Bernard Descôteaux