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Analyse POLITIQUE

La politique d’immigration de la CAQ vise-t-elle la bonne cible?

Publié le 7 mai 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Chroniqueur politique à InfoBref, ancien directeur du Devoir

[Crédit photo: Warren Wong | Unsplash]

  • Changement de cap inattendu en immigration: François Legault veut qu’elle contribue à la hausse du salaire moyen au Québec. Priorité sera donnée désormais aux candidats aptes à occuper les emplois les mieux rémunérés.
  • Ce changement est mal accueilli. Les entreprises, les régions, les organismes humanitaires et les partis d’opposition espéraient une vision plus ouverte de la politique d’immigration.

Le premier ministre n’a jamais caché son «obsession» pour le salaire moyen. Il croit, grâce à elle, pouvoir créer de la richesse et assurer le rattrapage économique du Québec par rapport au reste du Canada.

Pour des «emplois bien payés», atteignant et dépassant 56 000 $ par année, il est prêt à mobiliser tout l’appareil  gouvernemental.

Cette fois, c’est l’immigration qu’il veut mettre à contribution.

Sa déclaration d’il y a une semaine a créé une onde de choc.

Les milieux économiques espéraient que l’immigration puisse participer, au lendemain de la pandémie, à combler les quelque 140 000 postes qui demeurent vacants.

  • Or, pour la majorité, ces postes ne sont pas dans la catégorie de ceux que vise le premier ministre.
  • Les milieux d’affaires lui reprochent de mal comprendre les besoins de main-d’œuvre des entreprises.

Dans les cercles politiques et les groupes sociaux, on voit dans les déclarations de François Legault une dérive qui oublie les fonctions sociales et culturelles de l’immigration.

  • Aux yeux du premier ministre, l’accueil des réfugiés a le défaut de freiner la hausse du salaire moyen au Québec au lieu d’y contribuer.

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Le Québec n’a jamais voulu de l’immigration massive que pratique le Canada.

S’il avait accepté comme les autres provinces les quotas fixés par Ottawa, il aurait eu à intégrer quelque 75 000 nouveaux arrivants cette année.

Dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement de la CAQ a rejeté une telle perspective.

  • Même la cible de 51 000 immigrants du gouvernement Couillard lui est apparue trop élevée.
  • Il l’a ramené à 40 000.

Ce pas de recul devait permettre de revoir l’ensemble des opérations d’accueil des immigrants pour assurer leur intégration à la société québécoise.

«En prendre moins, mais en prendre soin», disait alors le ministre Simon Jolin-Barette.

Graduellement, le Québec revient à la cible de 51 000 immigrants.

  • Pour l’année en cours, on prévoit en recevoir entre 44 500 et 47 500.
  • S’y ajouteront 7000 autres pour rattraper le retard pris l’an dernier en raison de la pandémie.

L’approche du gouvernement est celle du «juste milieu», selon l’ expression de l’économiste Pierre Fortin.


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Au-delà des objectifs économiques, l’immigration sert des fins socio-démographiques propres au Québec, telles que:

  • la francisation des nouveaux arrivants. L’immigration doit contribuer à maintenir le poids démographique des francophones. Seulement 59% des immigrants ont une connaissance du français; et
  • la régionalisation de l’immigration, pour atténuer les effets démographiques de la concentration des nouveaux arrivants à Montréal.

La volonté de faciliter le recrutement des «meilleurs talents» exigera certains compromis.

Ces «meilleurs talents» n’ont généralement pas la connaissance du français souhaitée.

On assouplira les exigences à cet égard en contrepartie d’un engagement à apprendre cette langue.

Dans les domaines où ces personnes pourraient exercer leurs talents, en technologie de l’information par exemple, la réalité est que le lieu de travail se trouvera dans un grand centre, et non en région, et que la langue de travail sera l’anglais.

L’obsession qu’entretient le premier ministre pourrait entraîner des glissements non souhaités par la population québécoise.

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Bernard Descôteaux