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Analyse POLITIQUE

Le Canada et l’Ukraine, même combat

Publié le 4 mars 2022
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Chroniqueur politique à InfoBref, ancien directeur du Devoir

[crédit photo: Max Kukurudziac | Unsplash]

  • Le Canada n’a pas hésité longtemps. Dès le déclenchement de la guerre à l’Ukraine, il s’est joint au mouvement de représailles économiques contre la Russie, par solidarité envers ses alliés de l’Otan et le peuple ukrainien.
  • Les sanctions mises en place seront une arme à double tranchant. À la clé se trouvent des dommages collatéraux au plan économique et politique. Les relations du Canada avec la Russie en souffriront.

Le Canada n’est pas le fer de lance de la guerre économique que les pays occidentaux mènent à la Russie en réponse à son invasion de l’Ukraine.

  • Ce rôle revient d’abord aux États-Unis et aux pays européens qui sont sur la ligne de front.

Le gouvernement Trudeau s’y est néanmoins engagé activement, un peu plus même qu’il n’a l’habitude de le faire lorsqu’il reçoit un appel de ses alliés de l’Otan.

La présence de 1,3 million de citoyens canadiens d’ascendance ukrainienne explique son activisme.

Avant lui, le premier ministre Harper avait bien compris le poids politique que peut représenter cette diaspora.

Dès l’invasion de la Crimée par la Russie et son annexion décrétée par Vladimir Poutine en 2014, le gouvernement conservateur avait adopté de premières sanctions.

Depuis, l’aide accordée par le Canada à l’Ukraine a renforcé les liens entre les deux pays. La résistance que l’armée ukrainienne a opposée aux troupes russes n’est pas étrangère à la formation que lui ont prodiguée pendant cinq ans quelque 200 militaires canadiens.


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L’appui du Canada ne pouvait toutefois aller jusqu’à envoyer un contingent affronter les soldats russes aux côtés des militaires ukrainiens.

Le gouvernement Trudeau suit à cet égard la ligne tracée par l’Otan. Un affrontement direct pourrait conduire au pire – ce que 2 Canadiens sur 3 craignent, selon un récent sondage Léger.

Des conséquences économiques:

Si le pire ne se produira pas, du moins il faut l’espérer, les sanctions économiques lancées contre la Russie viennent avec des effets collatéraux.

Les Canadiens n’y échapperont pas, même si ses liens économiques avec la Russie sont limités.

Depuis l’annexion de la Crimée en 2014, les échanges commerciaux entre les deux pays ont diminué de moitié.

  • La Russie n’est que le 41e partenaire commercial du Canada avec des échanges qui totalisaient 1,8 milliard $ en 2020.

Mais même si le Canada n’est pas dépendant du pétrole russe comme l’est l’Allemagne, la hausse du prix du pétrole se ressent déjà à la pompe.

Plusieurs entreprises qui se voient forcés de désinvestir en Russie ou qui se retrouveront en rupture de contrats subiront des pertes.

Au plan politique, les relations entre le Canada et la Russie ne sont pas meilleures.

Elles se sont dégradées alors qu’au lendemain de l’annexion de la Crimée Ottawa se posait en allié actif de l’Ukraine.

La fermeté que le gouvernement Trudeau manifeste depuis lors envers Moscou n’est pas gratuite.


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Défendre l’intégrité territoriale de l’Ukraine, c’est aussi défendre celle du Canada.

Depuis déjà quelques années, la Russie accroit ses revendications sur les ressources reposant dans les fonds marins de l’océan Arctique et elle accroit sa présence dans cette zone.

La souveraineté du Canada sur une partie de plateau continental est mise en cause.

Le Canada a semblé peu se préoccuper de ce débat qui avec les changements climatiques devient urgent.

L’invasion de l’Ukraine lui aura fait comprendre à quel point les ambitions de Vladimir Poutine, sans limites, peuvent être dangereuses.

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Bernard Descôteaux