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Le MONDE en questions

Poutine pourra-t-il rester au pouvoir après avoir envahi l’Ukraine?

Mis à jour le 14 mai 2022
Johanna Sabys
par Johanna Sabys
Journaliste à InfoBref

Vladimir Poutine et le ministre de la Défense russe Sergueï Choïgou jeudi (source: Kremlin)

  • Vladimir Poutine dirige la Russie depuis déjà plus de 20 ans. La Constitution russe a été modifiée en 2020 pour qu’il puisse rester au pouvoir jusqu’en 2036. En 2024, lors des prochaines élections, il n’aura pas de vrais opposants. 
  • Seule une «révolution de palais» pourrait le déloger du pouvoir, explique à InfoBref Yann Breault, professeur d’études internationales au Collège militaire royal de Saint-Jean. Selon lui, il est impossible que le président russe soit condamné pour crime de guerre.

Il n’y a pas d’alternative à Poutine en Russie. 

En 2018, Vladimir Poutine a été réélu dès le premier tour avec 76,7% des voix.

Dans 2 ans, il n’aura pas «de rivaux dignes de ce nom», affirme Yann Breault. Le président russe a de bonnes chances de s’accrocher solidement au pouvoir pendant encore plusieurs années.

  • En Biélorussie, observe le professeur, le président Alexandre Loukachenko est bien parvenu à rester au pouvoir malgré une opposition populaire très forte.

Par ailleurs, même en cas d’une «révolution de palais», si Poutine était destitué lors d’une révolte, «son successeur ne serait pas plus favorable à l’Ukraine, ni moins désireux de prendre sa revanche sur les États-Unis».

Selon Yann Breault, aucun leader russe actuel ne serait prêt à:

  • faire un mea culpa après la guerre;
  • offrir des réparations aux Ukrainiens; ni
  • dresser des ponts amicaux avec l’Occident.

Qui pourrait déloger Poutine du pouvoir?

Il ne serait pas impossible que Sergueï Narychkine, le directeur du Service des renseignements extérieurs de la Russie, rallie du personnel de la défense pour déclarer Poutine malade, envisage Yann Breault.

  • Mais, si cela se trame, dit-il, c’est dans le plus grand secret.

«Je ne vois pas comment il pourrait être délogé aujourd’hui. Poutine a une garde personnelle très loyale autour de lui.»

Toutefois, note-t-il, en Roumanie, personne n’avait vu arriver la condamnation et l’exécution du dictateur Nicolae Ceaușescu en 1989.


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Aucune cour internationale ne pourra condamner Poutine.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, le président américain Joe Biden a accusé Poutine d’être un tueur, un criminel de guerre, et de perpétrer un génocide, souligne-t-il. Mais il ne faut pas s’attendre pour autant à une condamnation.

La Cour pénale internationale ne pourra pas inculper un président russe en exercice, affirme Yann Breault.

  • C’est «irréaliste» de penser que Poutine pourrait être condamné pour crime de guerre.

Si les pays occidentaux accusent la Russie de commettre un génocide, ce serait plutôt pour «préparer l’opinion publique à une confrontation beaucoup plus forte».

Selon Yann Breault, cette accusation est plutôt le signe que ces pays:

  • abandonnent l’idée de trouver une solution diplomatique avec Moscou; 
  • s’engagent dans une escalade militaire; et
  • veulent justifier de futurs sacrifices auprès de leur population pour en finir avec le régime russe.

De président autoritaire à dictateur à vie?

Avant l’invasion de l’Ukraine, Poutine était un président autoritaire, dit Yann Breault, mais il ressemble désormais à «un dictateur de plus en plus isolé au sommet de la pyramide du pouvoir».

  • «Un climat de peur règne dans son entourage et la population russe.
  • Il est seul aux commandes d’une équipe docile qui a peur de lui dire la vérité.
  • On sent l’inconfort de son gouvernement lorsqu’il doit soutenir la guerre.»

La Russie est guidée par des élites post-soviétiques qui interprètent le monde avec une grille d’analyse héritée de leur vécu soviétique, observe Yann Breault.

Les jeunes Russes qui endurent le régime aspirent à autre chose, croit-il, mais ils devront peut-être attendre jusqu’en 2036.

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Johanna Sabys