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Le MONDE en questions

Jeux olympiques d’hiver à Pékin: quels risques prend la Chine?

Mis à jour le 13 oct. 2022
Johanna Sabys
par Johanna Sabys
Journaliste à InfoBref

Le président chinois Xi Jinping en visite à l’Anneau national de patinage de vitesse à Pékin (Source: Comité d’organisation des Jeux de Pékin / Xinhua / Xie Huanchi)

  • Les prochains Jeux d’hiver se dérouleront du 4 au 20 février, malgré plusieurs appels à un report à cause de la vague Omicron. Plusieurs pays, dont le Canada et les États-Unis, ont décidé de les boycotter sur le plan diplomatique et accusent le gouvernement chinois de génocide contre la minorité ouïghoure.
  • À 3 semaines de l’ouverture des JO, le professeur Jean-Pierre Cabestan explique à InfoBref qu’il y aura certainement «de petits incidents» au cours de ces Jeux particuliers, mais que Pékin mettra «les bouchés doubles pour contrer toutes les critiques».

Comment Pékin contrôlera les cas de Covid aux JO?

Depuis 2020, la Chine gère la pandémie d’une main de fer.

Dès que le moindre cas d’infection est détecté, le gouvernement confine des quartiers et des villes entières.

  • À Xi’an, dans le centre du pays, 13 millions d’habitants sont confinés depuis 3 semaines après l’apparition d’une dizaine de cas fin décembre.

«Les Jeux vont être organisés dans une bulle», explique Jean-Pierre Cabestan, directeur de recherche au Centre national de recherche scientifique de Paris et professeur de science politique à Hong Kong.

  • Il n’y aura personne pour encourager les athlètes dans les gradins.
  • Les journalistes n’auront aucun contact avec les sportifs.

En cas d’éclosion, «il faut s’attendre à ce que les cas soient cachés par Pékin», croit l’ancien ambassadeur du Canada en Chine Guy Saint-Jacques.

  • «Le gouvernement chinois ne veut pas qu’on remette en question sa politique zéro Covid.»

«Pékin va s’appliquer à démontrer que les JO sont un grand succès, ajoute Guy Saint-Jacques. La Chine compte utiliser les Jeux à des fins de propagande.»

C’est une année importante pour le président chinois Xi Jinping.

  • «Il a consolidé son pouvoir comme jamais depuis Mao Zedong [le fondateur de la République populaire de Chine], note l’ancien ambassadeur.
  • Mais il a besoin d’un grand succès avant le 20e congrès du Parti communiste en octobre s’il veut obtenir un 3e mandat de secrétaire général du parti.» 

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Quel impact aura le boycottage diplomatique?

«Ce ne sera pas la même chose que le boycottage des Jeux de Moscou», souligne Jean-Pierre Cabestan.

  • En 1980, des dizaines de pays, menés par les États-Unis, avaient refusé de participer aux JO pour protester contre l’invasion de l’Afghanistan lancée en 1979 par l’Union soviétique.
  • Le mois prochain, les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande se contenteront de ne pas envoyer de diplomates en Chine.

À Pékin, les athlètes seront là, «accompagnés par des officiels de rang plus ou moins élevé».

  • «Les sportifs feront peut-être des déclarations, dit le professeur Cabestan.
  • Ce sera intéressant de les voir s’aventurer sur le terrain diplomatique.»

Le gouvernement chinois «saura très bien instrumentaliser» les délégations présentes et ignorer celles qui ne sont pas là.

  • «La Chine s’occupe de tout le monde, athlètes et journalistes, dit-il, elle «les étreint tellement qu’elle les étouffe».

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Lors des derniers JO que la Chine a organisés, en 2008, le gouvernement chinois avait fait des promesses sur la liberté de la presse et l’accès à l’information, se rappelle Jean-Pierre Cabestan.

  • «Il les a tenues le temps des Jeux olympiques.» 

Aujourd’hui, le contexte politique est «extrêmement différent».

  • «La Chine s’est affirmée. Elle est plus autoritaire, plus puissante, plus inquiétante. D’ailleurs, Xi Jinping n’a fait aucune promesse, ce n’est pas son genre.»

«Pékin censurera tout ce qui ne lui plait pas, affirme Jean-Pierre Cabestan. Dès que la Chine est dans le collimateur, elle essaye d’imposer son récit.»

Tous les sujets qui fâchent le régime chinois – Tibet, Hong Kong, Ouïghours – seront certainement évoqués par les journalistes étrangers.

«Mais ce sera très compliqué pour eux: avec le contexte sanitaire, ils ne pourront pas s’aventurer n’importe où.»

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Johanna Sabys