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Le MONDE en questions

La pluie remplacera la neige dans l’Arctique: pourquoi sommes-nous tous concernés?

Publié le 10 déc 2021
Johanna Sabys
par Johanna Sabys
Journaliste à InfoBref

(Source: Pixabay)

  • À cause des changements climatiques, la pluie pourrait tomber plus souvent que la neige dans certaines régions au pôle Nord à partir de 2050, alors que les scientifiques ne prévoyaient pas un changement aussi important avant la fin du siècle.
  • Michelle McCrystall, chercheuse au Centre des sciences de l’observation de la Terre de l’Université du Manitoba, explique à InfoBref que les populations et les animaux n’auront pas le temps de s’adapter. À l’échelle mondiale, ces pluies feront grimper le niveau de la mer et libéreront dans l’atmosphère les milliards de tonnes de CO2 actuellement stockés dans les sols gelés. 

L’Arctique se réchauffe déjà beaucoup plus vite que le reste de la planète. 

Si les pluies deviennent plus fréquentes, ce phénomène sera renforcé. En effet:

  • La neige réfléchit l’énergie du soleil. 
  • Si la surface de la Terre devient moins enneigée, le sol absorbera plus d’énergie solaire et se réchauffera davantage.  

L’Arctique recevra plus de pluie que de neige 10 à 20 ans plus tôt que prévu. 

  • Jusqu’à récemment, les scientifiques estimaient que ce changement de précipitations aurait lieu entre 2070 et 2090.
  • Mais selon l’analyse des dernières données disponibles par une équipe de recherche de l’Université du Manitoba, la transition s’effectuera, selon les régions, entre 2050 et 2080. 

L’Arctique continuera donc à se réchauffer plus rapidement. 

Les pluies auront un impact dramatique dans le Grand Nord. 

Contrairement à l’Antarctique, au pôle Sud, l’Arctique est entouré de terres et abrite une riche faune terrestre: caribous, ours et renards polaires, et bœufs musqués. 

Les pluies, surtout lorsqu’elles sont suivies de températures glaciales, provoquent la formation de couches de glace sur la neige ou à l’intérieur du manteau neigeux.

  • Les caribous et les bœufs musqués auront du mal à se nourrir à cause de la glace, explique à InfoBref Michelle McCrystall, l’auteure principale de l’étude.
  • Des précipitations plus fréquentes pourraient donc causer des famines et la mort de nombreux mammifères.

Ce n’est pas seulement un problème pour ces animaux, mais aussi pour les communautés qui en dépendent, dit la scientifique. 


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Les populations autochtones ne pourront plus vivre comme elles le font aujourd’hui, craint Michelle McCrystall:   

  • «Elles n’auront pas le temps ni les ressources nécessaires pour s’adapter à ce nouveau climat.» 

Il y aura aussi des conséquences mondiales à ce changement. 

«Les changements qui se produisent dans l’Arctique dépassent ses frontières», affirme Michelle McCrystall.

Les pluies en Arctique contribueront à la hausse du niveau des océans et des mers, en faisant fondre et plonger dans l’eau les glaciers du Groenland.

  • Les scientifiques ont d’ailleurs enregistré cette année les toutes premières pluies au sommet de l’île du Groenland, souligne Michelle McCrystall. 

Elles pourraient aussi faire fondre le pergélisol (permafrost en anglais) – la couche du sol gelée en permanence. 

Des précipitations fréquentes s’infiltreront dans les sols et les réchaufferont.  

  • Or, en Arctique, le pergélisol stockerait 1 700 milliards de tonnes de carbone.
  • Si les sols dégèlent, prévient Michelle McCrystall, beaucoup plus de gaz à effet de serre (GES) que prévu seront libérés dans l’atmosphère.

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Comment éviter ces bouleversements? 

La scientifique soutient que, pour que la majeure partie de l’Arctique continue à recevoir plus de neige que de pluie, il faudrait respecter la limite d’un réchauffement de la Terre à un maximum de 1,5 °C d’ici la fin du siècle. 

  • Or, tous les scénarios actuels mènent à un réchauffement plus important. 

Selon la chercheuse, les pays doivent faire plus d’efforts dès maintenant pour: 

  • renoncer aux combustibles fossiles;  
  • investir dans toutes les mesures alternatives; et 
  • développer le transport en commun.  

«Les gens prennent conscience du changement climatique», dit la scientifique, qui étudie aussi les événements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents au Canada.  Michelle McCrystall aimerait faire comprendre à ceux qui en doutent encore que le changement climatique «va les affecter, et les affecte déjà». 

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Johanna Sabys