ENTREPRENEURS, PROFESSIONNELS, INVESTISSEURS ENTREPRENEUR·ES et
PROFESSIONNEL·LES

Voici l’info qu’il vous faut:
pertinente, utile et brève

Recevez gratuitement du lundi au vendredi:

et un samedi par mois:

Votre adresse servira uniquement à vous envoyer nos infolettres. Vous ne recevrez pas de courriels publicitaires et vous pourrez vous désabonner en tout temps.

InfoBref vous est offert gratuitement grâce au soutien de:

GAGNER plus

Prendre un second emploi, c’est payant ou pas?

Publié le 5 juil 2024
Olivier Schmouker
par Olivier Schmouker
Chroniqueur à InfoBref
Prendre un second emploi, c’est payant ou pas?

[crédit photo: Vitaly Gariev | Unsplash]

  • Selon Statistique Canada, près d’un million de Canadiens cumulent plusieurs emplois. Leur objectif est, pour les deux tiers d’entre eux, de gagner davantage d’argent pour pouvoir se payer des extras ou, pour le tiers restant, de couvrir leurs besoins essentiels.
  • Or, avoir un second emploi n’est pas toujours payant, parce que le taux d’imposition bondit lorsqu’on cumule des emplois. Il est donc important de calculer si ça en vaut la peine.

Taux marginal d’imposition pénalisant

Le problème lié au fait d’avoir un second emploi, c’est la «lourde imposition» qui lui est associée, indique une note économique rédigée par Jason Dean, chercheur associé de l’Institut économique de Montréal (lEDM), et Renaud Brossard, vice-président communications de l’IEDM.

Par exemple, un travailleur à temps plein qui gagne au Québec 35 000 $ par an dans son emploi principal est soumis à un taux marginal d’imposition moyen de 27,5% sur le revenu qu’il empoche grâce à son second emploi.

  • Cette estimation prend pour hypothèse que le revenu du second emploi est en moyenne de 18 500 $.

Selon la note économique de l’IEDM, en tenant compte des crédits personnels de base, les taux d’imposition au Québec (impôts fédéral et provincial combinés) sur les revenus secondaires étaient les suivants pour l’année 2022:

Tranches d’imposition du premier emploiTaux marginal d’imposition moyen du deuxième emploi
15 000 $ à 39 999 $27,5 %
40 000 $ à 49 999 $ 27,8 %
50 000 $ à 70 000 $35,3 %

Donc:

Un travailleur à temps plein qui gagne moins de 50 000 $ par an dans son emploi principal est contraint de verser entre 27 et 28 cents en impôts pour chaque dollar gagné dans son second emploi.

Dans la tranche dimposition suivante, qui va jusqu’à 70 000 $ pour le premier emploi, le fardeau fiscal dépasse 35 cents par dollar gagné.

«De tels niveaux d’imposition nuisent clairement aux efforts des travailleurs qui veulent avant tout améliorer leur situation financière», soulignent les auteurs dans leur note économique.


Des conseils en finances personnelles, investissement, immobilier et consommation? C’est ce que vous offre chaque mois l’infolettre InfoBref Votre argent. Elle est gratuite: abonnez-vous ici ou en cliquant Infolettres en haut à droite


Moins payant que des heures supplémentaires

Jason Dean et Renaud Brossard estiment que ceux qui ont un second emploi sont victimes d’une «injustice fiscale» par rapport à ceux qui font des heures supplémentaires.

En effet, les 11% de travailleurs qui font des heures supplémentaires voient celles-ci mieux rémunérées que les heures normales (en général à hauteur d’une fois et demie leur salaire horaire normal).

  • Ce supplément de salaire horaire «compense amplement», affirment les auteurs de la note, tout éventuel passage à un taux marginal supérieur dû aux heures supplémentaires effectuées.

Savoir l’essentiel des nouvelles chaque matin en 5 minutes? C’est possible, grâce à l’infolettre quotidienne d’InfoBref. Simple, claire, et utile. Faites comme plus de 22 000 Québécois·es, essayez-la: abonnez-vous gratuitement ici ou en cliquant Infolettres en haut à droite


Critères de choix pour un second emploi

Par conséquent, pour qu’un second emploi soit malgré tout financièrement intéressant, il convient d’y consacrer le moins de temps possible.

Cela peut se faire si l’on parvient à réunir plusieurs conditions préalables:

  • Le meilleur emploi secondaire est celui qui permet d’assouvir une passion, car il permet d’avoir du plaisir et ne nous paraît pas chronophage.
  • Il doit être facile à accomplir et ne pas nécessiter trop d’efforts de votre part.
  • Il ne doit pas entrer en concurrence avec votre emploi principal.
  • Il doit être bien rémunéré pour demeurer intéressant sur le plan financier.

Par ailleurs, faire le choix d’un second emploi entraîne souvent la nécessité de faire certains compromis.

Un second emploi pourrait entraîner:  

  • une augmentation de votre stress;
  • un déséquilibre entre votre vie pro et votre vie perso; ou
  • un risque d’épuisement professionnel.

Bref, prenez le temps de peser soigneusement le pour et le contre d’un second emploi.

Pour recevoir chaque mois la chronique «GAGNER plus» et les autres conseils de nos experts en finances personnelles et consommation, abonnez-vous gratuitement à l’infolettre InfoBref Votre argent ici ou en cliquant Infolettres en haut à droite

Olivier Schmouker