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Conseils pour vos FINANCES

Qui vend ses actions en bourse lorsque le marché baisse, et pourquoi

Mis à jour le 14 mai 2022
Fabien Major
par Fabien Major
Chroniqueur en finances personnelles à InfoBref

[crédit photo: Artem Beliaikin | Unsplash]

  • Environ 9 billions (9000 milliards) $US en valeur se sont évaporés de la bourse américaine depuis le début de l’année. La correction a maintenant des allures de marché baissier (bear market).
  • Avec plus de vendeurs que d’acheteurs, les indices boursiers affichent des replis de 15 à 25%. Si ce ne sont ni les gestionnaires institutionnels, ni les professionnels de la finance, ni leurs clients qui vendent, qui donc fait culbuter les bourses?

Des investisseurs autonomes plus nombreux et qui ont pris des risques

En 2011, les investisseurs individuels étaient responsables de 10% du volume des transactions boursières.

La venue, ces dernières années, de services de courtage en ligne ciblant spécifiquement les jeunes adultes (RobinHood et compagnie), avec des applications mobiles et des interfaces inspirées des jeux vidéos, a fait passer leur volume à 20% des transactions en 2020, puis à 24% en 2021.

Simultanément, les investisseurs ont pris plus de risques en s’endettant, envers leur firme de courtage, pour acheter des actions.

  • L’autorité de surveillance des marchés financiers aux États-Unis (Finra) a observé que la dette envers les firmes de courtage correspondant à des marges de crédit pour fin d’investissement est passée de 500 milliards $US en 2019 à plus de 800 milliards $US fin juin 2021.

À quoi servaient ces emprunts?

Principalement à acheter les plus fortes capitalisations des indices S&P500 et Nasdaq.

Lorsque des secousses se sont fait sentir fin 2021, les marges ont été rappelées, et les investisseurs ont été obligés de vendre pour les rembourser.


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Selon une récente analyse de la banque américaine Morgan Stanley, de façon globale, les millions de personnes qui sont devenues investisseurs depuis le début de 2020 ont perdu tous les gains qu’elles avaient obtenus depuis 2 ans.

Les nouveaux investisseurs qui n’avaient jamais touché à la bourse ont plongé tête baissée dans ce marché détraqué alimenté par la Réserve fédérale américaine.

Les vedettes technos, les «action mème» (meme stocks) et les cryptos sont les actions qui ont saigné le plus.

Or, ils étaient, comme par hasard, détenus par les mêmes nouveaux investisseurs.

Un deuxième vent de panique

Selon Goldman Sachs, les titres préférés des nouveaux investisseurs autonomes qui ont ouvert un compte de courtage depuis début 2020 ont perdu plus du tiers de la valeur qu’ils avaient début de janvier.

En date du 11 mai 2022, voici l’état du repli de quelques actions qui avaient suscité l’enthousiasme de ces nouveaux investisseurs:

  • AMC (NYSE: AMC): -63%
  • BlackBerry (TSX: BB) : -46%
  • Gamestop (NYSE: GME): -45%
  • Netflix (Nasdaq: NFLX) : -72%
  • Nio (NYSE: NIO): -60%
  • Palantir (NYSE: PLTR) : -63%
  • RobinHood (Nasdaq: HOOD): -54%
  • SnowFlake (NYSE: SNOW): -60%

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Les fonds spéculatifs accélèrent la baisse

Le mois d’avril a été difficile. Celui de mai s’annonce encore pire.

La récente vague de ventes de feu est imputable aux ennemis jurés des jeunes investisseurs activistes: les fonds spéculatifs (ou fonds de couverture, hedge funds en anglais).

  • Parce qu’ils empruntent pour prendre des positions risquées, potentiellement très rentables lorsqu’ils font des bons coups, ils courent le risque de subir de lourdes pertes lorsque les marchés chutent.
  • Pour limiter leurs pertes, ces fonds se sont empressés récemment de vendre certaines positions.

Ces transactions contribuent évidemment à enfoncer encore davantage le Nasdaq dans le rouge.

Comment la Caisse de dépôt répond-elle à la volatilité?

Vincent Delisle, premier vice-président à la Caisse de dépôt et de placements du Québec (CDPQ) et responsable des investissements liquides, m’a confié mardi dernier que les investisseurs ayant une bonne diversification sont généralement préparés et passent au travers des secousses importantes, comme ce fut le cas au printemps 2020.

Tout vendre pour se réfugier dans les fonds de marché monétaire, dans le but de revenir dans le marché des actions lorsque les choses se calmeront, n’est pas envisageable pour la CDPQ.

  • «Ça ne devrait pas être non plus l’attitude de personne, dit Vincent Delisle. L’émotivité dans la gestion de portefeuille est le pire ennemi.»

Plusieurs statistiques montrent qu’essayer de prévoir le mouvement du marché, en vendant quand on prévoit une baisse pour racheter plus tard quand on prévoit une hausse, est une stratégie vouée à l’échec.

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