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Pourquoi Warren Buffett a perdu sa touche magique

Publié le 2 avr. 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Chroniqueur en finances personnelles à InfoBref

Warren Buffett (image YouTube)

  • L’action de classe A de la société Berkshire Hathaway se négocie à près de 385 000 $US. Sa valeur boursière totale frôle les 600 milliards $.
  • Malgré ces chiffres étourdissants, la performance de celui qu’on surnomme l’Oracle d’Omaha perd du lustre: depuis 10 ans, le rendement moyen annuel du S&P 500 a été de 13,99%, tandis celui de Berkshire Hathaway (NYSE: BRK.A) a été de 11,74%.

Contrairement à la croyance populaire, Buffett n’a pas toujours obtenu des rendements positifs, ni très stables. Ses placements ont traversé des périodes de léthargie, et même des replis inquiétants.

  • Par exemple, en 1974, l’action de Berkshire Hathaway chutait de 49% pendant que le S&P 500 se contractait de 26%.
  • En 1990, elle perdait 23% alors l’indice ne baissait que de 3%.

Parce que les actifs de Berkshire Hathaway sont très concentrés dans quelques dizaines d’entreprises, sa volatilité est beaucoup plus grande que celle de l’indice de référence, qui représente 500 sociétés.

Dans le tableau ci-dessous, vous verrez quelques gestionnaires de fonds qui ont battu Buffett à plate couture.

Indice, titre ou fonds canadienGestionnaireRend. moyen annual. sur 10 ansDifférence / S&P 500
S&P 50013,99%*
Berkshire HathawayWarren Buffett11,74%*-2,25%
Fidelity Situations spécialesMark Schmehl14,73%+0,74%
Actions amér. grandes cap. MackenzieRobert Brookby19,91%+5,92%
Croiss. amér. Power DynamiqueNoah Blackstein21,13%+7,14%
Sciences et techno. TDJoshua Spencer24,84%+10,85%
Catég. de soc. Techno. mond. Signature CIJeremy Yeung26,14%+12,15%
Rendements calculés sur 10 ans, du 1er avril 2011 au 30 mars 2021. Rendements indiqués en dollars canadiens sauf les deux premiers, indiqués par *, qui sont en dollars américains. L’évolution du cours des changes peut expliquer une partie de la différence de rendement entre les fonds canadiens et l’indice S&P 500.

Ils ne sont pas si exceptionnels. En filtrant les résultats de la dernière décennie avec le logiciel Laboratoire Morningstar, j’ai repéré 707 fonds qui ont fait mieux que le rendement annuel moyen de Berkshire Hathaway.

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Le style valeur tire de l’arrière depuis 12 ans

Si Buffett s’est fait battre par des centaines de gestionnaires de la dernière décennie, c’est principalement en raison de son style de gestion.

Buffett achète en suivant une méthode fondamentale basée sur la recherche de titres au rabais selon plusieurs critères dont le ratio cours/bénéfice et cours/valeur comptable.

Mais investir dans des sociétés formidables en les payant à prix d’aubaine, ce n’est pas simple.

Ce sont plutôt les titres de croissance qui ont le vent dans les voiles depuis 2016. Aujourd’hui, les investisseurs sont prêts à payer très cher des actions ayant des ratios démesurés.

Depuis 4 ou 5 ans, si un gestionnaire qui prétend appartenir au «style valeur» a obtenu de TRÈS belles performances, c’est simplement qu’il a renié son mandat et a succombé à l’attrait des sociétés de croissance.

  • En dopant son portefeuille de Nvidia, Facebook, NetFlix, Alibaba, Docusign, LightSpeed, Tesla et autres stéroïdes du genre… il a pris un raccourci pour épater la galerie.

De quoi sera faite la prochaine décennie?

Comme mentionné dans une chronique précédente «Pourquoi le style valeur n’a pas dit son dernier mot?», je crois que Buffett et les grands gestionnaires qui ont une approche fondamentale pourraient bien renouer avec le succès dès cette année.

La réouverture progressive de l’économie favorise le style valeur et les titres de l’économie traditionnelle comme les banques, les compagnies d’assurances, le transport, les ressources naturelles, l’énergie, les infrastructures, l’industrie touristique et le commerce de détail.

Un portefeuille diversifié comprenant des titres de croissance ET des actions de valeur sera toujours plus stable, parce que les deux styles ne réagissent pas du tout de la même manière aux différentes étapes des cycles économiques.

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Fabien Major