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Canicules et incendies: doit-on maintenant parler d’urgence climatique?

Mis à jour le 11 août 2022
par Agence Science-Presse
Canicules et incendies: doit-on maintenant parler d’urgence climatique?

(Source: Pixabay)

  • Avec les records de chaleur qui déclenchent des incendies, serait-il temps de reconsidérer au Québec la proposition – signée par 14 000 scientifiques l’an dernier – d’utiliser l’expression «urgence climatique»?
  • Plusieurs médias ont d’ailleurs intégré cette année cette expression dans leurs normes éditoriales, en alléguant que la définition même d’une «urgence» est «une situation grave qui nécessite une action immédiate».

La semaine dernière, une vague de chaleur a provoqué des centaines de morts dans l’ouest américain et elle s’est étendue jusqu’au nord de la frontière canadienne.

  • L’un des chercheurs interrogés a parlé «d’une des vagues de chaleur les plus extrêmes que nous ayons vues sur Terre depuis de nombreuses années, en termes de variation par rapport aux conditions habituelles».

Le phénomène de «dôme de chaleur» n’est pas inhabituel, mais la puissance et la durée de la dernière vague chaleur la placent dans une catégorie à part.

  • Le village de Lytton, en Colombie-Britannique, a battu trois records de chaleur pendant trois jours d’affilée, avant d’être ravagé par un incendie.

Cela ne devrait pas surprendre:

  • La température moyenne de la planète a gagné environ 1°C depuis un siècle: il est donc inévitable que des records soient battus. 
  • Bien avant la science des climats, la physique enseignait que tout «système» possède ses seuils de transition et de non-retour: les systèmes climatiques de la Terre ont donc des seuils au-delà desquels les changements s’accélèrent, voire deviennent irréversibles.

Le monde entier s’est étonné que le Canada puisse approcher les 49°C.

Mais certaines régions du monde dépassent les 50°C chaque été:

  • 51°C pour la ville de Phalodi, en Inde – un record national de chaleur atteint en 2016;
  • 52°C pour Jeddah, en Arabie Saoudite, et Mexicali, au Mexique; 
  • 54°C pour Ahvaz, en Iran, et Basra, en Iraq; et
  • 54,4°C dans la Vallée de la mort, en Californie.

Le corps humain peut survivre jusqu’à 35°C avec 80% d’humidité – soit une température ressentie de 53°C.

  • Au-delà, notre corps ne peut survivre que quelques heures au soleil.
  • Cette limite est définie par notre métabolisme: quand on a chaud, on transpire et l’évaporation de notre sueur permet de refroidir notre peau.
  • Or, un taux d’humidité trop élevé empêche cette évaporation et notre corps ne peut plus évacuer la chaleur: en surchauffe, les organes défaillent et entrainent la mort. 

Le nombre de décès causés par ces canicules est l’un des arguments utilisés par ceux qui réclament de passer à l’expression «urgence climatique».

Dans les dernières décennies, les records de chaleur ont été systématiquement plus nombreux que les records de froid.

Agence Science-Presse

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