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Analyse POLITIQUE

Sortir ses finances du rouge d’ici cinq ans: un pari difficile pour le Québec

Publié le 14 nov. 2020
par Bernard Descôteaux
  • Le déficit pour l’exercice financier en cours sera de 15 milliards $, confirmait jeudi le ministre des Finances en faisant le point sur l’état des finances publiques. Pandémie ou pas, la loi impose au gouvernement de le résorber en cinq ans. 
  • Le défi imposé au ministre Éric Girard est de réaliser la quadrature du cercle en ne comptant que sur la croissance naturelle des revenus de l’État grâce à une économie libérée du poids de la pandémie.

Le premier à savoir que ce retour à l’équilibre aussi rapide est difficile, voire impossible, est Éric Girard lui-même qui se garde de se projeter plus de trois ans en avant. Personne ne sait comment évoluera ces prochains mois la situation épidémiologique au Québec et quelles cicatrices elle laissera sur son chemin.

Malgré tous ses efforts, le gouvernement peine à endiguer la deuxième vague. L’inquiétude est palpable. Les prévisions de croissance économique du ministre, 6% et 5% pour l’année en cours et l’an prochain, pourraient ne pas tenir. Les derniers chiffres sur l’emploi le laissent croire. Les revenus autonomes du gouvernement seront alors inférieurs à ceux projetés.

Puisque que le gouvernement dont il fait partie jure, croix de bois, croix de fer, qu’il n’augmentera ni les impôts ni les taxes et qu’il ne comprimera pas non plus les dépenses, le ministre n’aura guère d’autre avenue que de remettre en question cette obligation de revenir à l’équilibre budgétaire en cinq ans.

Il a d’ailleurs appelé à une réflexion à cet égard voilà quelques mois. Il se garde pour l’instant de conclure, sachant qu’il s’agit de ne surtout pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

La loi sur l’équilibre budgétaire et celle sur la réduction de la dette imposent une rigueur budgétaire qui a permis d’assainir les finances publiques et de donner au gouvernement actuel une marge de manœuvre qu’il n’aurait pas eue autrement pour aborder la présente crise. Sauf que lorsque ces lois ont été adoptées, on n’imaginait pas que puisse survenir une récession aussi sévère que celle provoquée par la pandémie.

Les partis d’opposition invitent le gouvernement Legault à se libérer de ce carcan. Celui-ci y gagnerait en marge de manœuvre et pourrait investir davantage qu’il ne le fait dans le soutien des entreprises actuellement en difficultés.

Dans sa mise à jour financière, le ministre Girard a annoncé de nouvelles mesures dont une somme de 1,5 milliard $ pour relancer l’économie qui sera dépensée sur trois ans. Pour l’essentiel, cet argent sera consacré à la formation de la main-d’œuvre dans une perspective de réintégration au marché du travail et dans des mesures de stimulation de l’économie.

Ces mesures feront consensus, si ce n’est qu’il faudrait faire plus. Les entreprises sont presque toutes fragilisées et ont besoin de se restructurer et d’améliorer leur productivité.

Dans quelques mois, le ministre Girard présentera un budget dans lequel il déterminera la route vers l’équilibre budgétaire qu’il entend suivre.

Dans les circonstances actuelles, le choix qui s’impose est de stimuler l’économie dans l’espoir de créer de la croissance. Il devrait alors lever le pied du frein que constitue l’atteinte rapide de l’équilibre budgétaire.

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Bernard Descôteaux