MONDE

Johanna Sabys

avec Johanna Sabys

Journaliste à InfoBref

Carboneutre en 2050? Il faudrait tripler les investissements verts

Publié avant-hier
Carboneutre en 2050? Il faudrait tripler les investissements verts

(Source: Pixabay)

  • L’Agence internationale de l’énergie (AIE) affirme que la transition énergétique mondiale est «trop lente»: les plans actuels pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ne permettront pas d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.
  • À 2 semaines de la Conférence de l’ONU sur les changements climatiques (COP26), l’AIE alerte les États sur le chemin qu’il reste à parcourir: les investissements dans des projets énergétiques décarbonés devraient tripler d’ici 10 ans pour contenir le réchauffement de la planète à 1,5 °C.

Dans son rapport annuel, l’AIE calcule que, si les États tiennent leurs engagements climatiques actuels, cela ne permettrait de réaliser que: 

  • 40% des réductions d’émissions de GES nécessaires pour atteindre la carboneutralité en 2050; et
  • 20% seulement des réductions qu’il faudrait effectuer d’ici 2030 pour contenir le réchauffement de la planète à 1,5 °C à la fin du siècle. 

3 scénarios sont désormais possibles, selon l’agence.

1) Les États continuent sur leur lancée

  • Certes, les énergies propres se développent. 
  • Mais la hausse de la demande en énergie et l’industrie des énergies fossiles font en sorte que les émissions de GES se maintiennent au niveau actuel. 
  • Résultat: la température grimpera de 2,6 °C à la fin du siècle par rapport au niveau préindustriel.

2) Les États appliquent et réussissent leurs plans climatiques actuels

  • La demande en énergies fossiles atteint son sommet en 2025 – grâce à l’efficacité énergétique et le développement des voitures électriques. 
  • Résultat: la température grimpera de 2,1 °C.

3) Le monde atteint la carboneutralité en 2050.

  • C’est la seule solution pour contenir l’augmentation de température à 1,5 °C. 

Pour que ce 3e scénario devienne réalité, les États doivent investir «massivement et rapidement dans les énergies propres» en triplant d’ici 10 ans les investissements qui sont prévus actuellement, dit l’AIE.  

  • Sinon, le monde subira le réchauffement climatique, et aussi des «turbulences» en matière d’approvisionnement en énergie. 

Les chefs d’État doivent faire leur part à la COP26, réclame l’AIE.  

  • Elle souhaite que les années 2020 soient «la décennie du déploiement massif des énergies décarbonées».
Johanna Sabys
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Qui pourra retourner aux États-Unis le mois prochain?

Publié avant-hier
Qui pourra retourner aux États-Unis le mois prochain?

(Source: Nico Smit / Unsplash)

  • La frontière canado-américaine rouvrira complètement au début du mois de novembre pour les Canadiens qui sont adéquatement vaccinés. 
  • Il leur sera donc possible de se rendre aux États-Unis par la voie terrestre pour des voyages non essentiels, comme un simple voyage touristique. 

Les détails ne sont pas encore finalisés

  • La date exacte et les modalités de la réouverture restent à préciser, a indiqué la vice-première ministre Chrystia Freeland. 

Une réouverture en 2 phases:

  • Début novembre, 2 doses de vaccin anti-Covid seront requises uniquement pour les voyages non essentiels. 
  • Début janvier, tous les voyageurs devront être adéquatement vaccinés – même ceux qui franchissent la frontière pour des raisons essentielles. 

Les vaccins approuvés par la FDA et l’OMS seront tous acceptés:  

  • La Food and Drug Administration américaine a approuvé ceux de Pfizer, Moderna et Johnson & Johnson. 
  • L’Organisation mondiale de la santé a également approuvé celui d’AstraZeneca – administré au Canada, mais pas aux États-Unis. 

En revanche, on ne sait pas encore si les millions de Canadiens qui ont reçu 2 vaccins différents seront autorisés à entrer aux États-Unis. 

En novembre, en même temps que leurs voisins canadiens et mexicains, les États-Unis accueilleront à nouveau les ressortissants de nombreux pays, dont ceux de l’Union européenne, du Brésil, de l’Afrique du Sud, de l’Inde, de l’Iran et de la Chine. 

Les Américains doublement vaccinés sont les bienvenus au Canada depuis le 9 août.

Johanna Sabys
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Les États-Unis écartent temporairement la menace d’un défaut de paiement

Publié le 12 oct. 2021
  • La Chambre des représentants a relevé le plafond d’endettement des États-Unis. Cette mesure permet au gouvernement fédéral de s’endetter de 480 milliards $US de plus jusqu’à la fin de l’année pour honorer ses paiements.
  • Ce relèvement temporaire a été voté uniquement par les représentants démocrates – tous les républicains ont voté contre. Il avait déjà été adopté au Sénat la semaine dernière. Il devrait maintenant être rapidement promulgué par le président Biden. 

Climat: le Canada est-il le cancre du G7?

Publié le 12 oct. 2021
Climat: le Canada est-il le cancre du G7?

(Source: Pete Linforth / Pixabay)

  • Beaucoup de pays arriveront avec un mauvais bilan à la COP26, la prochaine Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui se déroulera du 1er au 12 novembre à Glasgow, en Écosse. 
  • Mais, depuis la signature de l’Accord de Paris en 2015, le Canada est le seul pays du G7 à avoir augmenté ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Et les experts jugent ses récents efforts insuffisants. 

Le Canada est à lui seul responsable de 1,7% des émissions mondiales de GES. 

  • Cela en fait, par habitant, le troisième plus grand pollueur au monde, derrière l’Australie et les États-Unis. 
  • Il est aussi l’un des plus grands producteurs et exportateurs de gaz naturel et de pétrole.

Le pays n’a pas tenu ses promesses sur le front climatique. 

  • En 2015, le gouvernement Harper s’était engagé à réduire de 30% les émissions de GES d’ici 2030 par rapport au niveau de 2005. 
  • Cet objectif remplaçait alors celui, plus modeste, de réduire de 17% les émissions de GES avant 2020, par rapport à 2005.
  • Mais même cet objectif plus modeste n’a pas été atteint.

Entre 2005 et 2019, les émissions du Canada n’ont diminué que de 1,1%, soit une diminution de 8,5 mégatonnes de CO2. 

Pire, depuis 2015, ses émissions ont augmenté de plus de 700 mégatonnes.

  • Le Canada est le seul pays du G7 dans cette position. 
  • Depuis l’Accord de Paris en 2015, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, l’Allemagne, la France et l’Italie, ont tous réduit leur production de GES.

Ottawa a récemment pris des mesures significatives.  

La Loi sur la responsabilité en matière de carboneutralité a été adoptée en juin – juste avant la fin de la session parlementaire et les élections fédérales.

  • Elle contraint les futurs gouvernements canadiens à prendre des mesures pour atteindre l’objectif de carboneutralité en 2050. 

Le Canada a également déposé sa nouvelle cible de réduction de GES auprès de l’ONU, comme il s’y était engagé en signant l’Accord de Paris. 

  • Cette nouvelle cible est une réduction de 40 à 45% par rapport à 2005.

Mais les efforts du Canada ne sont pas suffisants, selon le Climate Action Tracker (CAT), un instrument d’évaluation développé par des chercheurs indépendants. 

Dans la plus récente analyse du cas canadien, publiée en juillet, le CAT qualifie les efforts récemment annoncés de «positifs» mais «insuffisants», voire «très insuffisants» pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. 

  • Si tous les pays suivaient l’exemple du Canada, lit-on, le réchauffement planétaire serait de 2 à 3 °C d’ici 2050, et de 4 °C à la fin du siècle.

Que manque-t-il au Canada pour être un bon élève? 

Selon le CAT, pour être «compatible» avec l’Accord de Paris, le Canada devrait: 

  • s’engager à réduire ses émissions de GES de 54% d’ici 2030; 
  • inclure les émissions de l’aviation et du transport maritime dans les calculs de son plan pour atteindre la carboneutralité en 2050; et  
  • renoncer aux pipelines.
Agence Science-Presse
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Le Canada s’engage à réduire ses émissions de méthane

Publié le 11 oct. 2021
Le Canada s’engage à réduire ses émissions de méthane

(Source: Ralf Vetterle / Pixabay)

  • Le Canada et une vingtaine de pays ont rejoint hier un projet d’accord des États-Unis et de l’Union européenne qui vise à réduire à l’échelle mondiale les émissions de méthane – un puissant gaz à effet de serre. 
  • Cet engagement américano-européen annoncé le mois dernier doit mener à un accord mondial lors du sommet sur le climat (COP26) à Glasgow, en Écosse, le mois prochain. 

Par cet accord, les États s’engagent à réduire leurs émissions de méthane d’au moins 30% d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2020.

  • Washington et Bruxelles étaient jusqu’ici appuyés par le Royaume-Uni, l’Italie, le Mexique, l’Argentine, le Ghana, l’Indonésie et l’Irak. 
  • Hier, 24 pays ont rejoint le projet d’accord, dont le Canada, la France, l’Allemagne, le Japon, Israël et le Costa Rica.

Les émissions du secteur pétrolier et gazier sont dans le viseur: 

  • Ottawa s’engage à réduire les émissions de méthane du secteur pétrolier et gazier d’au moins 75% d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2012.
  • Le Canada est ainsi le premier pays à se donner l’objectif de réduction des émissions de méthane fixé par l’Agence internationale de l’énergie, a souligné hier le ministre de l’Environnement Jonathan Wilkinson. 

Selon l’évaluation mondiale du méthane réalisée par la Coalition pour le climat et l’air pur et le Programme des Nations Unies pour l’environnement, réduire les émissions de 30% d’ici 2030 permettrait d’éviter:  

  • plus de 200 000 décès prématurés; 
  • des centaines de milliers de visites aux urgences pour de l’asthme; et 
  • plus de 20 millions de tonnes de récoltes perdues chaque année à cause de la pollution engendrée en partie par le méthane.
Johanna Sabys
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Le prix Nobel de la paix revient à deux journalistes

Publié le 8 oct. 2021
Le prix Nobel de la paix revient à deux journalistes

Portraits de Maria Ressa et Dmitry Muratov (Source: Promotion du Prix Nobel)

  • Le prix Nobel de la paix 2021 a été décerné aux journalistes Maria Ressa et Dmitry Muratov pour leurs efforts en faveur de la liberté d’expression respectivement aux Philippines et en Russie.
  • Ressa est rédactrice en chef de Rappler, un média en ligne qui couvre les politiques du régime du président Rodrigo Duterte aux Philippines. Muratov est rédacteur en chef de Novaïa Gazeta, un journal critique du gouvernement de Vladimir Poutine en Russie. Ces deux journalistes ont été confrontés à des tentatives de censure par leur gouvernement.

L’Irlande rejoint l’accord mondial de réforme de la fiscalité

Publié le 8 oct. 2021
  • L’Irlande a accepté de relever à 15% le taux d’imposition des multinationales qui réalisent un chiffre d’affaires d’au moins 1 milliard $US.
  • Le pays pratique actuellement un taux inférieur, de 12,5%, qui lui a permis d’attirer le siège européen de nombreuses multinationales, et il rechignait à perdre cet avantage comparatif.

L’Irlande rejoint ainsi un groupe de 134 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui avaient déjà signé en juillet un accord mondial pour réformer la fiscalité des grandes multinationales. 

[Explications sur le projet de taxation des grandes multinationales: comment fonctionnerait l’impôt minimum mondial]

Félix Côté
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Merck veut commercialiser un médicament pour soulager les symptômes de la Covid-19

Publié le 1er oct. 2021
Merck veut commercialiser un médicament pour soulager les symptômes de la Covid-19

(Source: Unsplash)

  • Le laboratoire pharmaceutique américain va demander à l’agence américaine des médicaments (FDA) l’autorisation pour commercialiser le Molnupiravir, un médicament qui diminuerait de moitié les risques d’hospitalisation et de décès chez les personnes infectées de la Covid-19. 
  • S’il est autorisé, ce médicament deviendrait le premier traitement par voie orale contre la Covid-19 à être disponible sur le marché. 

Merck a publié les résultats d’un essai clinique mené sur 775 personnes atteintes de la Covid-19 et considérées à plus haut risque de complications en raison de problèmes de santé (obésité, diabète ou problèmes cardiaques).

  • Les participants ont consommé le Molnupiravir dans les 5 jours suivant l’apparition de leurs symptômes.
  • 30 jours plus tard, 7,3% des personnes qui avaient pris le médicament ont dû être hospitalisées et aucune n’est décédée.
  • Pour comparaison, 14,1% des participants qui avaient reçu un placebo ont été hospitalisés et 8 sont décédés.

D’autres médicaments pour traiter les symptômes de la Covid-19 sont déjà sur le marché.

  • Mais il ne s’agit pour le moment que de traitements par intraveineuse ou par injection, plus compliqués à administrer. 

L’autorisation d’un nouveau médicament par voie orale pourrait réduire les impacts de prochaines vagues de contamination. 

  • Merck veut bientôt demander à d’autres pays l’autorisation de commercialiser son médicament sur leur territoire. 
  • L’entreprise affirme qu’elle peut produire 10 millions de doses d’ici la fin de l’année.
  • D’autres entreprises pharmaceutiques, comme Pfizer et Roche, travaillent sur des médicaments similaires. 
Félix Côté
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ENTREVUE

Dette, budget et méga projets: comment Joe Biden va-t-il s’en tirer?

Publié le 29 sept. 2021
  • Le président américain doit faire voter le budget fédéral et son plan d’infrastructure, et il doit faire relever le plafond de la dette américaine d’ici le 18 octobre pour que les États-Unis restent solvables. 
  • John Parisella, ancien délégué général du Québec à New York, explique à InfoBref qu’il ne faut toutefois pas «surdramatiser»: les États-Unis n’en sont pas à leurs premiers shutdown lié au vote du budget. Mais les démocrates vont devoir faire des compromis s’ils veulent faire passer leurs projets et ne pas déclencher «une crise économique mondiale». 

1. Budget fédéral

Les parlementaires ont jusqu’à jeudi soir à minuit pour adopter le budget fédéral et éviter que le financement de tous les services fédéraux soit coupé. 

Le budget sera-t-il voté d’ici vendredi? 

  • Non. À cause des enjeux politiques en cours, cela pourrait traîner plusieurs jours, croit John Parisella. 
  • Mais le Sénat était mercredi prêt à voter un projet de loi budgétaire temporaire pour prolonger le budget actuel jusqu’au 3 décembre. 
  • Un tel budget temporaire devrait ensuite être approuvé par la Chambre des représentants. 

Ce ne serait pas la première coupure 

  • Dans les 30 dernières années, Bill Clinton et Barack Obama sont même ressortis plus forts de leur shutdown, souligne John Parisella. 
  • En revanche, ce n’est pas le cas de Donald Trump, dit-il. Trump a connu le plus long arrêt des services gouvernementaux de l’histoire – 35 jours – entre décembre 2018 et janvier 2019. 

2. Méga plan d’infrastructure de Biden 

La Chambre des représentants doit entériner jeudi le plan d’infrastructures de 1200 milliards $US, qui a déjà été adopté au Sénat il y a quelques semaines.  

Son sort sera-t-il scellé demain?  

  • Rien n’est moins sûr, et la menace vient du camp démocrate. 
  • L’aile gauche du parti, menée par Bernie Sanders, a lié le sort du plan d’infrastructures à celui sur les réformes sociales, d’un montant de 3500 milliards $US. 
  • Les progressistes menacent de voter contre le plan de 1200 milliards $US si les centristes ne s’engagent pas à soutenir le plan de 3500 milliards $US.

Le camp démocrate devrait trouver un compromis, croit John Parisella. 

Si l’aile gauche refuse de revoir à la baisse le plan social, «les 2 projets pourraient tomber». 

En revanche, dit-il, si le méga plan social, même un peu allégé, réussit à passer:  

  • Biden deviendrait l’un des rares présidents à avoir «transformé» le pays; 
  • «ce serait la plus grande réforme depuis les années 30»; et  
  • ce serait «mieux que rien pour les progressistes». 

3. Plafond de la dette

Les démocrates ont voté en Chambre mercredi un projet de loi pour suspendre l’application du plafond à la dette fédérale au moins jusqu’en décembre. 

  • Mais les républicains refusent de suspendre le plafond de la dette: ils ne veulent pas qu’une suspension offre un chèque en blanc à Biden pour ses méga plans qu’ils jugent «irresponsables».  
  • Pourtant, la secrétaire au Trésor Janet Yellen a prévenu le Congrès que le gouvernement fédéral épuisera rapidement ses dernières ressources si le plafond de la dette n’est pas relevé d’ici le 18 octobre.  

Si le plafond n’est pas relevé, ce serait une «catastrophe», dit Parisella.  

  • Il n’est toutefois pas très inquiet: il croit que le plafond de la dette sera forcément relevé «aux alentours du 18 octobre». 
  • Dans le pire des cas, les démocrates relèveront le plafond «sans l’appui des républicains», ce qui serait «malheureux», mais ce serait fait.
Johanna Sabys
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Meng Wanzhou et «les deux Michael» sont libres

Publié le 25 sept. 2021
Meng Wanzhou et «les deux Michael» sont libres

Meng Wanzhou [Source: Huawei]

  • La justice canadienne a libéré hier soir Meng Wanzhou, directrice financière du géant des télécommunications Huawei, qui n’avait pas le droit de quitter le Canada depuis son arrestation il y a presque 3 ans. Dans les heures suivantes, elle a pris l’avion pour la Chine.
  • Alors que son avion quittait l’espace aérien du Canada, le premier ministre Justin Trudeau annonçait en conférence de presse que 2 citoyens canadiens détenus en Chine, eux aussi depuis presque 3 ans, Michael Spavor et Michael Kovrig, avaient été libérés, avaient pris l’avion pour le Canada et venaient de quitter l’espace aérien chinois.

Ce qui a tout l’air d’un échange de prisonniers a mis fin, en seulement quelques heures, à une saga judiciaire qui avait créé une vive tension entre Ottawa et Pékin.

Ce qui avait causé la crise:

  • Les États-Unis, sous l’administration Trump, ont accusé Huawei et sa directrice financière d’avoir menti en 2013 en cachant des relations commerciales qu’aurait eues une filiale de Huawei avec l’Iran alors que ce pays faisait l’objet de strictes sanctions commerciales.
  • Les États-Unis ayant demandé au Canada d’extrader Meng Wanzhou vers les États-Unis, la Gendarmerie royale du Canada l’a arrêtée le 1er décembre 2018 à son arrivée à l’aéroport de Vancouver.
  • Meng Wanzhou n’est pas qu’une dirigeante de Huawei. C’est aussi la fille du fondateur et PDG de l’entreprise, qui est l’un des hommes d’affaires en vue en Chine.
  • Dans les semaines suivant l’arrestation de Meng Wanzhou, la Chine a arrêté 2 ressortissants canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, en les accusant d’espionnage. Ils ont été détenus par la suite, dans des conditions souvent éprouvantes.
  • Tout indiquait que leur détention avait un objectif diplomatique: faire pression sur le Canada pour obtenir la libération de Meng Wanzhou.

Comment la crise s’est résolue:

Meng Wanzhou a conclu un accord avec la justice des États-Unis. Il s’est concrétisé hier après-midi, alors que Meng Wanzhou a comparu virtuellement devant une Cour américaine.

En vertu de cet accord:

  • Meng Wahzhou reconnaît certaines «fautes» et elle accepte certaines conditions.
  • En échange, les États-Unis «reportent» jusqu’à fin 2022 leurs procédures judiciaires contre elle et retirent leur demande d’extradition auprès du Canada.
  • Si Meng Wanzhou respecte ses engagements en vertu de l’accord, les procédures judiciaires à son encontre seront définitivement abandonnées fin 2022.

Le retrait de la demande d’extradition a amené la justice canadienne, qui n’avait pas d’autre raison de retenir Meng Wanzhou, à libérer entièrement la femme d’affaires hier soir.

  • Dès sa libération, Meng Wanzhou a quitté le Canada.

Pour le Canada, le premier impact des événements d’hier est la fin du calvaire des deux Michael et leur retour au pays. Ils devaient arriver au Canada ce matin.

Pourrait s’en suivre une certaine normalisation des relations diplomatiques et commerciales avec la Chine, relations que l’affaire Meng Wanzhou a beaucoup assombries.

Patrick Pierra
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Une cinquantaine d’entreprises américaines dénoncent les lois anti-avortement du Texas

Publié le 22 sept. 2021
Une cinquantaine d’entreprises américaines dénoncent les lois anti-avortement du Texas

(Source: Unsplash)

  • Ces grandes entreprises, dont les glaces Ben & Jerry’s, le fabricant de vêtements Patagonia et le site Yelp, reprochent à la récente loi anti-avortement d’être mauvaise pour les affaires et de menacer la santé, l’indépendance et la stabilité économique de leurs employées et de leurs clientes. 
  • Entrée en vigueur le 1er septembre dernier, cette loi interdit l’avortement du moment où les battements cardiaques de l’embryon sont détectables, soit environ à partir de 6 semaines de grossesse. L’interdiction s’applique même en cas de viol ou d’inceste. 

Pour freiner la hausse des loyers, les Berlinois veulent exproprier leurs propriétaires

Publié le 20 sept. 2021
Pour freiner la hausse des loyers, les Berlinois veulent exproprier leurs propriétaires

(Source: Unsplash)

  • Il n’y a pas qu’au Canada que les prix des logements connaissent de fortes hausses. À Berlin, en Allemagne, les loyers ont augmenté en moyenne de 85% entre 2007 et 2019.
  • Après avoir recueilli près de 350 000 signatures dans une pétition, des militants pour l’abordabilité du logement ont obtenu le droit d’organiser un référendum. Ils demanderont aux Berlinois si la ville devrait exproprier les propriétaires qui possèdent chacun plus de 3000 logements. 

Cette mesure radicale pourrait permettre à la ville de racheter 240 000 logements. 

  • Les autorités municipales pourraient ensuite mieux contrôler le prix des loyers. 

Mais cela pourrait coûter cher. 

  • Les initiateurs de la pétition estiment que la ville pourrait devoir payer 15 milliards $.
  • Mais la ville croit qu’exproprier les grands propriétaires pourrait plutôt lui coûter 54 milliards $. 

Les grandes entreprises immobilières qui détiennent des milliers de logements dans la ville sont accusées d’être responsables de la flambée des prix.

  • Ces entreprises cherchent à faire croitre les dividendes qu’elles versent à leurs actionnaires, ce qui, selon les organisateurs du référendum, les pousse à augmenter les loyers.

Au Québec, plusieurs facteurs ont été évoqués pour expliquer la hausse des prix du logement. 

Les Berlinois se prononceront le dimanche 26 septembre, en même temps que les élections nationales et régionales. 

  • Selon un sondage du quotidien Tagesspiegel, 47% des Berlinois seraient favorables au projet d’expropriation.
Félix Côté
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