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Votre comportement d’investisseur pèse davantage sur vos rendements que les frais

Publié le 19 mars 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Chroniqueur en finances personnelles à InfoBref

[photo: Lars Bo Nielsen | Unsplash]

  • Depuis son creux du 23 mars 2020, l’indice S&P 500 a connu une croissance de +77%.
  • Alors pourquoi de nombreux investisseurs n’ont-ils pas encore rattrapé les pertes subies il y a un an? Parce qu’un biais comportemental commun explique la piètre performance des investisseurs à long terme.

Depuis 20 ans:

  • l’indice Standard and Poor’s 500 a produit un rendement annuel moyen de 6,1%;
  • Un portefeuille équilibré contenant 60% d’actions et 40% d’obligations aurait rapporté en moyenne 5,6 % par an;
  • un portefeuille investi à 100% en obligations aurait rapporté 5% par an;
  • la croissance moyenne de la valeur des maisons a été de 3,4% par an.

Ces données sont tirées du plus récent Guide to the Markets de J.P. Morgan.

Mais les données les plus surprenantes qu’il contient concernent le rendement moyen des investisseurs.

La firme de recherche Dalbar a calculé que, pendant la même période des 20 dernières années:

  • l’investisseur moyen a obtenu un maigre 2,5% de rendement annuel;
  • tandis que l’inflation a grugé chaque année 2,2 % de son pouvoir d’achat.

Il n’est donc resté à l’investisseur moyen qu’un gain net famélique: seulement 0,3% par an.

Comment est-ce possible?

La différence entre le rendement de la bourse et celui de l’investisseur est d’autant plus surprenante que, depuis 20 ans:

  • l’économie a connu des périodes de prospérité extraordinaire; et
  • les frais de gestion des produits financiers ont beaucoup diminué.

La période choisie peut-elle expliquer l’écart?  

Non. Si on fait les calculs sur 30 ans, le rendement annuel moyen du S&P 500 est alors de 10%, mais l’investisseur moyen n’obtient, lui, que 4,1% par an.

Pourquoi l’investisseur perd-il 60% de la croissance que lui offre la bourse?

Le problème est dans la tête.

Selon les chercheurs de Dalbar, l’explication ne se trouve ni dans les produits financiers ni dans leurs frais, mais plutôt… dans le cerveau de l’investisseur.

L’investisseur moyen est incapable de laisser son portefeuille tranquille. Il a tendance à suivre les mouvements de la foule, à tomber en amour avec certains titres, à modifier son profil de risque selon le contexte.

  • Si la bourse monte, il devient plus téméraire.
  • Si la bourse plonge, il devient au contraire plus prudent.

C’est exactement le contraire de ce qu’on lui recommande de faire.

Et, à long terme, son comportement lui coûte très cher.

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Ne rien faire est parfois plus payant!

On appelle biais d’action ou de mouvement ce louvoiement de l’esprit qui pousse les gens à intervenir constamment. Que les marchés soient bons ou mauvais, ils se sentent obligés de faire des transactions même si ce n’est pas nécessaire.

On peut faire une analogie avec le comportement des gardiens de but au soccer.

Selon les statistiques, 80% des tirs de pénalité au soccer se soldent par un but.

  • Dans 29% des cas, le ballon entre au centre des buts.
  • Or, le gardien ne se trouve là que dans 6% des cas.

En moyenne, le gardien plonge, quelques fractions de seconde avant le tir, 49% des fois à droite et 45% à gauche.

S’il restait tout simplement sans bouger, au beau milieu de son filet, il arrêterait le ballon bien plus souvent.  

En finance, ne pas bouger est souvent plus payant.

C’est ce qu’il fallait faire en mars 2020. Et c’est certainement ce qu’il faudra faire lors de la prochaine correction boursière généralisée.

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Fabien Major