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Le MONDE en questions

Quand la population mondiale va-t-elle commencer à diminuer?

Mis à jour le 11 juil 2022
Johanna Sabys
par Johanna Sabys
Journaliste à InfoBref
Quand la population mondiale va-t-elle commencer à diminuer?

Hervé Le Bras, chercheur émérite à l’Institut national d’études démographiques (Ined) en France

  • Une étude américaine publiée l’été dernier prévoit que la population mondiale atteindra un pic à 9,7 milliards en 2064, avant de décroitre jusqu’à 8,8 milliards en 2100.
  • Le démographe français Hervé Le Bras, chercheur émérite à l’Institut national d’études démographiques, explique à InfoBref qu’il faut néanmoins s’attendre à «des bémols» et à un certain taux d’imprécision. Toutefois, si l’on suit la courbe du taux de croissance de la population mondiale, dit-il, elle commencerait effectivement à décroître vers 2060.

Le taux de croissance annuel de la population mondiale était de 2,1% dans les années 1970.

Aujourd’hui, ce taux n’est plus que d’environ 1%. Et il devrait descendre à 0 entre 2060 et 2070, dit Hervé Le Bras.

Selon l’étude de l’Université de Washington, de nombreux pays verront leur population décroître au cours du siècle.

  • Une vingtaine de pays, dont le Japon, la Corée du Sud, l’Espagne, l’Italie et le Portugal, devraient perdre plus de la moitié de leur population d’ici 2100.
  • Une trentaine d’autres pays, dont la Chine, verraient leur population diminuer de 25 à 50%.

En revanche, la population de l’Afrique subsaharienne devrait tripler, parce que, dans cette région, le taux de mortalité baisse alors que le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants, lui, augmente. 

À quoi serait due la baisse de la population mondiale?

Les chercheurs américains estiment que, d’ici la fin du siècle, presque tous les pays auront un taux de fécondité (nombre moyen d’enfants par femme) inférieur au seuil de remplacementdes générations, fixé à 2,1 naissances par femme.

Depuis 1950, le taux de fécondité est en forte baisse dans de nombreux pays.

  • Les pays européens, le Japon, la Chine et le Canada sont déjà passés en dessous du seuil de remplacement.
  • L’Inde vient de les rejoindre en décembre: son taux n’est plus que de 2 enfants par femme.

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Davantage de pays en voie de développement pourraient suivre.

  • Auparavant, ces pays compensaient une mortalité infantile forte en ayant de nombreux enfants.
  • Aujourd’hui, le taux de mortalité infantile baisse, mais le taux de fécondité baisse encore plus vite.

Ces baisses s’expliquent surtout:

  • pour la mortalité, par les progrès de la médecine; et
  • pour la fécondité, par l’éducation des jeunes filles et un meilleur accès à la contraception.

Le monde a encore 2 pôles de croissance.

1 ) Des pays qui connaissent «des troubles politiques importants», comme l’Afghanistan, le Yémen, l’Irak, la Bande de Gaza et le Pakistan.

  • Les groupes terroristes y «marient» les filles jeunes pour qu’elles aient des enfants et de futurs «combattants», déplore le démographe. 
  • Selon lui, le contrôle de la fécondité y est de plus en plus difficile.

Dans ces pays, «la croissance s’arrêtera peut-être parce qu’il y aura des massacres», craint-il.

2 ) La zone intertropicale de l’Afrique équatoriale, entre le Sahel et le Zambèze – un fleuve au sud de la Zambie – qui représente un quart de la population mondiale.

En 2050, cette zone pourrait représenter jusqu’à trois quarts de la population, croit Hervé Le Bras, même s’il y a de «grosses incertitudes» qui sont plus politiques que démographiques.

  • Dans cette zone, le Niger est en tête avec 7 enfants par femme.
  • Le pays compte actuellement 24 millions d’habitants, mais il pourrait grimper à 70 millions en 2050. 

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Au-delà de 2070, il faut être «très prudent», prévient le démographe. Les scénarios deviennent alors très hypothétiques parce que de nombreux événements et facteurs restent imprévisibles.

Peut-on s’attendre à un nouveau baby-boom? «On ne sait pas, répond Hervé Le Bras. Personne ne l’avait prévu après la Seconde Guerre mondiale. On pensait plutôt que la croissance allait continuer de faiblir.»

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Johanna Sabys