ENTREPRENEURS, GESTIONNAIRES et PROFESSIONNELS ENTREPRENEUR·E·S ET
PROFESSIONNEL·LE·S

Voici l’info qu’il vous faut:
pertinente, utile et brève

Recevez gratuitement chaque jour:

Votre adresse servira uniquement à vous envoyer nos infolettres. Vous ne recevrez pas de courriels publicitaires et vous pourrez vous désabonner en tout temps.

Conseils pour vos FINANCES

Comment savoir si un gestionnaire amène une valeur ajoutée?

Publié le 30 sept. 2022
Fabien Major
par Fabien Major
Chroniqueur en finances personnelles à InfoBref

[crédit photo: Steve Buissinne | Unsplash]

  • Dans la recherche de portefeuilles plus rentables que la moyenne, l’investisseur peut s’attarder à deux indicateurs fort utiles: le ratio de Sortino, et les ratios de capture à la hausse et à baisse.
  • Le premier mesure la volatilité négative d’un portefeuille par rapport à une gestion qui n’aurait pris aucun risque. Le second et le troisième indiquent les probabilités de respectivement profiter des hausses du marché et de souffrir de ses baisses.

La semaine dernière, je vous incitais à regarder en avant plutôt que de consacrer votre attention aux rendements du passé.

Mais les données du passé ont malgré tout une utilité certaine quand vient le temps d’analyser le savoir-faire des gestionnaires de portefeuilles ou de fonds, ou les processus pratiqués par certains FNB.

Se protéger des rendement négatifs

La volatilité, soit la variabilité des valeurs à la hausse ou à la baisse, nous fait vivre des émotions vives.

On voudrait tous avoir dans nos REER et CELI des produits de placement qui peuvent à l’occasion faire des coups de circuit en rapportant 15, 25 ou même 40% de rendement.

Mais des baisses de même ampleur seraient de très mauvaises surprises.

Il est reconnu qu’un rendement positif de 10% a un impact émotif moins intense qu’une perte de 10%.

Pourtant, sur un capital de départ de 100 000 $, ces deux hypothèses aboutissent à une même variation de 10 000 $.  Ainsi:

  • si l’on fait un gain de 10 000 $, c’est juste «OK», sans plus;
  • mais un repli du même montant est «assez inquiétant».

L’essentiel des nouvelles importantes chaque jour en 10 minutes? C’est ce que vous offrent, par courriel, les deux bulletins de nouvelles quotidiens d’InfoBref. Simples, clairs et utiles. Faites comme plus de 10 000 Québécois·es, essayez-les: abonnez-vous gratuitement ici ou en cliquant Infolettres en haut à droite


Le ratio de Sortino

Partant de ce principe, le professeur Frank Sortino, de l’Université de San Francisco, a isolé la volatilité négative dans une formule mathématique.

  • Car, d’évidence, la «volatilité positive» n’est pas source d’insatisfaction ni d’inquiétude pour l’investisseur.

Le ratio s’applique à un portefeuille de placements et se calcule sur plusieurs années passées. La formule est:

Ratio de Sortino =
(rendement réel du portefeuille – rendement sans risque)
÷ écart-type du rendement du portefeuille lorsque l’écart est négatif

  • Le rendement réel du portefeuille est le résultat des choix du gestionnaire (ou de l’algorithme) qui l’a géré.
  • Le rendement sans risque est, par exemple, celui qu’on aurait obtenu avec les bons du trésor.
  • L’écart-type mesure la dispersion du rendement réel par rapport au rendement sans risque. Dans la formule, on en tient compte seulement lorsque le rendement obtenu a été inférieur au rendement sans risque: c’est la «volatilité négative».

[détails sur comment calculer ce ratio dans le blogue Éducation Finance]

Si le ratio est supérieur à 1, le gestionnaire a obtenu des résultats supérieurs au risque de volatilité négative.


­Consultez la section ARGENT d’InfoBref avec chaque jour nos nouvelles brèves, et chaque samedi nos conseils de finances personnelles, consommation et investissement.
Pour les recevoir gratuitement par courriel, abonnez-vous aux infolettres d’InfoBref ici ou en cliquant Infolettres en haut à droite


Les ratios de capture

Pour compléter le ratio de Sortino, j’aime bien examiner la capacité d’une équipe de gestion à saisir les hausses des marchés et à s’éloigner des baisses.

Comparons les portefeuilles A et B, gérés par deux équipes distinctes.

L’examen des performances passées révèle que:

  • Lorsque le marché gagne 10%, en moyenne, le portefeuille A donne un rendement de 10,9% et le B donne 9,9%.
  • lorsque l’indice se replie de 10%, en moyenne, le portefeuille A ne recule que de 4,5%, alors que le B recule de 10,3%.

On dit alors que:

  • Dans le portefeuille A, le ratio de capture à la hausse est de 109%, et le ratio de capture à la baisse est de 45%.
  • Dans le portefeuille B, le ratio de capture à la hausse est de 99% , et le ratio de capture à la baisse est de 103%.

D’un coup, l’équipe A semble beaucoup plus attrayante que la B.

Évidemment, avant d’arrêter votre choix, d’autres données sont à considérer, comme le style de gestion, le nombre d’années d’expérience des équipes, la devise utilisée, le taux de rotation des titres et les frais de gestion exigés.


Des conseils en finances personnelles, investissement, immobilier et consommation? C’est ce que vous offre chaque samedi l’infolettre InfoBref Votre argent : abonnez-vous gratuitement ici ou en cliquant Infolettres en haut à droite


À retenir:

Si vous avez une aversion aux baisses de valeur, envisagez des portefeuilles de placements ayant un écart-type relativement faible, un ratio de Sortino supérieur à 1, et une capture à la baisse inférieure à l’indice boursier comparable.

  • Cela vous évitera sans doute quelques nuits blanches.

Les ratios et outils d’analyse examinent le passé et ne peuvent servir de base de prévision des rendements futurs.

  • Ils doivent être considérés comme des compléments d’aide à la décision.  

Pour recevoir la chronique Conseils pour vos finances de Fabien Major chaque samedi dans votre courriel, abonnez-vous gratuitement à l’infolettre InfoBref Votre argent ici ou en cliquant Infolettres en haut à droite

Fabien Major