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L’éventuelle acquisition de Carrefour par Couche-Tard? Les analystes ne savent pas quoi en penser et le gouvernement français s’y oppose

Publié le 13 janv. 2021
par Alain McKenna

(Source: Carrefour)

  • Alimentation Couche-Tard a eu des discussions avec la chaîne française de supermarchés Carrefour en vue d’une possible offre d’achat dont la valeur pourrait être de 26 milliards $.
  • Les deux détaillants auraient beaucoup à gagner d’une telle transaction, mais elle pourrait s’avérer très risquée, font remarquer les analystes, et le gouvernement français n’est pas favorable à la transaction et pourrait l’empêcher.

Le potentiel est énorme.

L’enseigne Carrefour compte 12 300 commerces répartis en Europe, en Amérique latine et en Asie. 

  • Leur chiffre d’affaires en 2019 s’est élevé à 125 milliards $, tandis que la valeur boursière de la société est d’environ 20 milliards $.

Couche-Tard (TSX: ATD), qui compte 14 200 commerces dans le monde, réaliserait la plus importante acquisition de son histoire si elle mettait la main sur son homologue français. 

  • Une transaction triplerait presque son chiffre d’affaires annuel et renforcerait sa présence en Asie et en Amérique du sud. 
  • «Cela catapulterait Couche-Tard parmi les plus gros détaillants de la planète, avec la visibilité et les avantages que cela comporte», écrit Patricia A. Baker, analyste pour la Banque Scotia.

Le risque est tout aussi considérable.

Dans sa note aux investisseurs publiée hier, l’analyste torontoise rappelle que l’expertise de Couche-Tard dans l’alimentation demeure limitée aux dépanneurs et commerces de petite surface, et que les chances d’y dégager un profit sont minces.

  • La moitié du bénéfice annuel de la multinationale basée à Laval provient des ventes de carburant.
  • De son côté, Carrefour s’est épuisée dans une expansion internationale coûteuse, à contre-courant du virage de la consommation vers Internet et les petits commerces spécialisés.
  • «Cette acquisition créerait une incertitude pour Couche-Tard qui pourrait affecter la valeur de son action, vu qu’elle marquerait un éloignement de son modèle d’affaires traditionnel», écrit Patricia A. Baker.

Tout ceci n’est encore que spéculation.

  • L’analyste de la Banque Scotia croit que Couche-Tard a des liquidités et une capacité d’endettement suffisantes pour s’offrir une telle transaction.
  • Mais Paris est contre le projet: à cause de «la souveraineté et [de] la sécurité alimentaire» de la France, le ministre français de l’Économie n’est «a priori pas favorable à l’idée que carrefour se fasse racheter par un groupe étranger».
Alain McKenna