Le Canada «va déjà trop loin» dans l’utilisation d’outils de police prédictifs

par Alain McKenna
  • Les corps policiers partout au Canada recourent à des outils informatiques qui prédisent qui serait susceptible de commettre un crime, et où ce crime pourrait avoir lieu, constate l’Université de Toronto.
  • «L’usage de ces algorithmes par la police représente une violation potentielle des libertés civiles établies par la Charte des droits et libertés du Canada et par le droit international», estime Cynthia Khoo, co-auteure du rapport pour le Citizen Lab.

Plusieurs technologies déjà adoptées au niveau municipal, provincial ou fédéral sont en cause: caméras vidéo lisant l’immatriculation des véhicules routiers, reconnaissance faciale, analyse des médias sociaux, etc.

  • Des villes utilisent des algorithmes qui combinent ces données afin de déployer des policiers dans un lieu et à un moment précis, en prévision d’une hausse probable de l’activité criminelle.
  • D’autres villes vont plutôt identifier des personnes spécifiques comme étant susceptibles de commettre un crime dans un avenir rapproché.

Le Citizen Lab dit que le Canada semble plus prudent que bien d’autres pays dans son adoption de ces technologies, malgré un manque de transparence sur la façon dont la décision est prise de les utiliser, ou pas.

  • Les corps policiers canadiens consultés ont admis être au courant du danger que représentent ces outils envers les libertés civiles.
  • «Il est tout à fait possible que des technologies ou des algorithmes de prédiction de l’activité criminelle soient utilisés par des corps policiers au Canada et qu’on n’en sache rien», conclut toutefois le groupe universitaire.
Alain McKenna

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