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Entrevue

Le programme d’habitation abordable de Québec inquiète des organismes

Mis à jour le 14 mai 2022
par Johanna Sabys
Le programme d’habitation abordable de Québec inquiète des organismes

La co-coordinatrice et porte-parole du RCLALQ Marion Duval (Crédit: Simon Croze)

  • Le gouvernement Legault a présenté jeudi un nouveau programme par lequel il prévoit d’investir 200 millions $ pour appuyer les coopératives, organismes à but non lucratif, offices d’habitation et entreprises privées qui s’engagent à construire des logements abordables. 
  • Mais «rien n’indique que les personnes qui en bénéficieront sont celles qui en ont le plus besoin», dit à InfoBref Marion Duval, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec. Les promoteurs pourraient aussi «mettre fin à l’entente au bout de 5 ans et ne rembourser qu’une partie de la subvention». 

Le Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ) doit permettre au gouvernement de soutenir financièrement des projets de logements locatifs abordables pour les ménages à revenu faible ou modeste, et les personnes qui ont des besoins particuliers en habitation, comme les victimes de violence familiale. 

  • L’enveloppe de 200 millions $ pour ce programme avait été annoncée dans le mini-budget de novembre. 
  • Les premiers chantiers pourraient débuter dès cet été.

«Ce programme finance le privé pour qu’il aide à court terme», dénonce Marion Duval, co-coordinatrice et porte-parole du RCLALQ, un organisme qui représente des locataires. 

«Les promoteurs privés pourront plus facilement soumettre leurs projets que les initiatives citoyennes», croit-elle. 

Selon les termes du programme, les logements pourraient retourner sur le marché public locatif au bout de 15 à 35 ans. 

«Ces promoteurs pourront obtenir un financement pour 15 ans à des taux accessibles, puis faire ce qu’ils veulent avec les logements, les revendre ou augmenter les loyers», déplore Marion Duval.   

Le gouvernement «n’aide pas les Québécois aujourd’hui», dit-elle, parce qu’il n’y a actuellement «pas de mesures de contrôle de loyer en place». 

«Si dans 15 ans, ces logements ne sont plus abordables, on n’est pas mieux pris.» 

Selon le RCLALQ, Québec ne précise pas

  • ce qu’il entend par «abordable» – les cibles de loyer doivent être confirmées et devraient se baser sur le pourcentage du revenu des locataires; et 
  • à qui ce programme va réellement s’adresser – «rien n’est spécifié sur la clientèle», dit Marion Duval.
Johanna Sabys