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Désinformation: les fausses nouvelles se répandent beaucoup à cause d’un manque de réflexion

Publié le 29 nov. 2020
par Agence Science-Presse

(Source: Pixabay)

  • Pour que de fausses nouvelles circulent beaucoup, l’idéologie des personnes qui les partagent joue certes un rôle.
  • Mais ce ne serait pas la cause dominante: la première place reviendrait plutôt au manque de temps pris par ces personnes pour raisonner, et à leur faible niveau d’attention.

Ce sont deux des faits qui se dégagent de la littérature scientifique, de plus en plus abondante sur la question, notent les deux auteurs, le Canadien Gordon Pennycook (Université de Regina) et l’Américain David Rand (Massachusetts Institute of Technology).

L’enfermement dans des «bulles» idéologiques
reste l’un des facteurs clés qui alimentent la désinformation.

  • Cet enfermement a pour conséquence qu’une personne qui croit au candidat X va partager des nouvelles favorables à son candidat, sans distinguer si elles sont vraies ou fausses.

Mais le poids du discernement, qui est sous-estimé selon les auteurs, est un facteur très important.

  • «Les gens qui réfléchissent davantage sont davantage capables de discerner le vrai du faux – peu importe si la nouvelle est en phase ou non avec leur idéologie.»

L’importance de la réflexion a été confirmée par des expériences ces dernières années.

  • Des discussions avec des participants les ont amenés à moins croire en une fausse nouvelle, même si cela n’altérait pas leur «alignement idéologique».
  • À l’inverse, les gens qui tombent dans le piège d’une fausse nouvelle le font souvent «parce qu’ils n’ont pas pris le temps et n’ont pas réfléchi suffisamment à leurs connaissances préalables, et non parce que leur raisonnement a été court-circuité par leurs motivations politiques».

Partager sans réfléchir

Selon Gordon Pennycook et David Rand, ce n’est pas parce que quelqu’un partage quelque chose sur les médias sociaux qu’il y croit.

Par exemple, dans des expériences où on montre à des participants différentes manchettes, leur intention de partager de fausses manchettes était de:

  • 91% plus élevée quand elles concernent des nouvelles politiques;
  • 33% plus élevée quand elles concernent la Covid-19.

En conclusion, un grand nombre d’entre eux se disaient prêts à partager une nouvelle qu’ils auraient pourtant été capables d’identifier comme fausse.

Deux hypothèses pour expliquer cette anomalie:

  • pour certains, leur préférence idéologique l’emporte sur leurs scrupules à partager une chose qu’ils savent être faux;
  • pour d’autres, le niveau de distraction et d’inattention est tel sur les médias sociaux qu’ils ont mal lu ou lu trop vite.

Ainsi, lorsqu’on demande aux participants «de donner une note au niveau de véracité de chaque manchette avant de décider de la partager», cela réduit le partage de fausses nouvelles de 51%.

Autrement dit, réfléchir a son utilité et permettrait de limiter la désinformation.

Agence Science-Presse